Eloge de la vengeance

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septembre 20, 2012 par Sororité Aryenne


par Brigid Trismegiste

L’éthologie animale enseigne que les grands mammifères (grands singes, chats, chiens, chevaux, dauphins, éléphants etc…) ressentent des émotions immédiates telles que  joie, bonheur, colère, peur, mais pas des émotions différées comme rancune ou désir de vengeance : une fois que l’agression subie est terminé, l’animal n’y pense plus. Même si a été tué un animal proche de lui, il n’en garde pas rancune ; lorsqu’un animal familier laissé seul dans la maison qui l’accueille y met la pagaille, ses hôtes pensent généralement que c’est parce qu’il leur en veut de l’avoir laissé seul et qu’il se venge. Eh bien, pas du tout! C’est la peur et l’inquiétude d’être seul alors qu’il n’y est pas habitué qui déclenche cela, ce n’est en aucun cas une vengeance organisée. Ainsi l’esprit de vengeance, au même titre que la rancune, la compassion, la pitié,  la déception, la manipulation etc …sont des sentiments proprement humains, qui élèvent l’homme au-dessus de la condition animale.

Ces sentiments forment un tout qui ne saurait être désagrégé. Ainsi, de nos jours, il est dans l’air du temps que « se venger » est preuve de mesquinerie alors que « pardonner » est un signe de grandeur d’âme : quand on pardonne à quelqu’un qui nous a offensé, nous dit-on, on reconnaît qu’il a fait une erreur, mais on pardonne parce que l’on comprend que son erreur aurait pu être la nôtre, et  c’est donc un acte courageux et relativement noble. Or rien n’est plus faux : en procédant ainsi  la victime ne penses qu’à valoriser son égo, pas aux personnes qui vont pâtir du malfaisant dont elle a été victime, car dans la plupart des cas, celui-ci est coutumier du fait et prend toute forme de pardon pour de la faiblesse, pour un accord tacite à la continuation de son comportement – il n’y a qu’à voir le taux de récidive, de tous temps, de la frange criminelle de chaque société. Le pardon ne doit être donc accordé que fort parcimonieusement et surtout en complète connaissance de cause. Il ne convient guère qu’à des conflits domestiques, où les protagonistes doivent continuer à cohabiter.

Le pardon est donc, la plupart de temps, un acte lâche ne prouvant qu’une chose, c’est que la victime a peur des représailles de son agresseur si elle porte plainte contre lui *. Le pardon est aussi un acte égoïste qui permet à la victime d’évacuer le stress consécutif à l’agression subie, en laissant le fautif continuer à malfaire impunément. Se venger est donc un acte courageux, et la vengeance est un devoir social. Mais il va de soi que dans une société civilisée, elle ne pouvait être laissée sans contrôle, sans quoi  chaque victime s’étant vengé d’un fauteur de troubles attirait sur elle-même la vengeance de ses proches, et le meurtre succédait sans fin au meurtre . L’absence de sécurité,cet égal danger pour la vie de tous, réunit alors les hommes en une société qui défendit à l’individu sociable de tuer, mais se réserva le droit, au nom de cette société, de tuer celui qui enfreignait cette défense. Ainsi naquit la peine de mort, qui se présente donc comme un des plus hauts acquis civilisationnels de l’Humanité.

En effet, la peine de mort pour un assassin est un acte de reconnaissance de son humanité, ainsi que l’explique fort bien Hegel dans ses Principes de la philosophie du droit en 1821 :  car si la justice consiste à agir de façon à ce que l’on puisse « universaliser la maxime de notre action »(sic), alors tuer un meurtrier consiste à lui faire honneur en lui appliquant le choix de sa propre maxime.  Et jusqu’à Jean-Jacques Rousseau, inventeur du contrat social qui établit une société juste ayant pour objectif de garantir la conservation des contractants et de leur liberté, écrit qu’à cette fin elle peut recourir aux moyens qu’elle juge nécessaires, puisque le criminel, en rompant son pacte vis-à-vis de la société, cesse d’en être membre et devient son ennemi.  Ce fait implique que la conservation de l’État nécessite son exécution : « tout malfaiteur attaquant le droit social devient par ses forfaits rebelle et traître à la patrie, il cesse d’en être membre en violant ses lois, et même il lui fait la guerre. Alors la conservation de l’État est incompatible avec la sienne, il faut qu’un des deux périsse, et quand on fait mourir le coupable, c’est moins comme citoyen que comme ennemi. » (Du Contrat Social, Livre II, chapitre V, 1762 )

Son abolition, voulue en 1981 par le juif Robert Badinter, est donc une régression vers la sauvagerie et l’animalité. L’Etat de Droit s’interdit de donner la mort mais le laisse à des criminels récidivistes et des violeurs d’enfant : voila ce que signifie concrètement l’abolition de la peine capitale.Le rétablissement de la peine de mort marquera un retour à la civilisation aryenne, celle d’Emmanuel Kant qui écrivait « Si le criminel a commis un meurtre, il doit mourir. Il n’y a aucune commune mesure entre une vie, si pénible qu’elle puisse être, et la mort et par conséquent aucune égalité du crime et de la réparation, si ce n’est par l’exécution légale du coupable », de Maurice Toesca (  La différence entre les partisans de la peine de mort et ses adversaires réside dans le fait que les premiers s’identifient d’instinct aux victimes, et les seconds aux assassins  – Le Prix de la douleur) , d’Alphonse Karr : « Si l’on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que messieurs les assassins commencent »

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* Il est toutefois compréhensible que dans nos sociétés qui relâchent la plupart des délinquants même multirécidivistes mais autorisent les cambrioleurs à porter plainte contre les habitants des maisons qu’ils dévalisent s’il se font mal pendant qu’ils sont dedans, les honnêtes citoyens accordent plus à la Justice qu’une très parcellaire confiance.

8 réflexions sur “Eloge de la vengeance

  1. valdorf44 dit :

    La vengeance personnelle est, dans l’antiquité, un devoir social et une pratique extrêmement normale et enracinée dans les mœurs. Elle fait partie des attributs du citoyen noble et vertueux. Ancrée au plus haut point dans les sociétés grecque et romaine, elle fut tempérée dans les deux cas par des lois telles la loi de Dracon (-620) à Athènes ou, à Rome, par la Lex Iulia de adulteris d’Auguste (-18) qui voulait restreindre l’impunité dont jouissait le mari ou le père sur la châtiment d’une femme adultère car, tant en Grèce qu’à Rome, la femme et son amant se rendant coupables d’un tel crime, pouvaient, à l’origine, très facilement être tués légalement, surtout s’ils étaient pris en fragrant délit… L’Etat contrôlait la vengeance privée et, à Rome, beaucoup de cas se résolvaient par l’application de la loi du Talion qui consistait pour le coupable à subir ce qu’il avait fait. Dans certains cas graves, la législation permettait l’exécution du coupable par le parent le plus proche de la victime. La vengeance privée n’était pas la seule à être en vigueur, la vengeance publique était également de rigueur et ceux qui trahissaient l’Etat risquaient fort un châtiment peu enviable à l’image de l’écartèlement de Mettius, dictateur d’Albe, qui avait trahi les romains.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2013/02/20/chronique-de-livre-eva-cantarella-les-peines-de-mort-en-grec.html

  2. valdorf44 dit :

    Mon précédent exemple relevait plus de la légitime défense que de la vengeance.
    Celui-ci ne souffre d’ aucunes approximations et demeurera dans les annales :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Dieter_Krombach

  3. valdorf44 dit :

    http://blog.francetvinfo.fr/judge-marie/2014/05/09/se-defendre-jusquou.html#xtor=RSS-3-%5Blestitres

    Le 5 mai dernier, un légionnaire a été mis en examen à Paris pour violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner et placé en détention provisoire.

    Le samedi précédent, tandis qu’il se promenait avec son amie, le légionnaire avait été abordé par un homme qui lui avait proposé du cannabis. Le ton étant monté à la suite de son refus, le dealer avait sorti une arme blanche et blessé le légionnaire à la main. Ce dernier avait réussi à s’emparer de l’arme et avait mortellement blessé le vendeur de drogue de sept coups de couteaux, dont l’un avait sectionné l’artère fémorale.

  4. Oscar dit :

    Bravo d’avoir touché ce point essentiel. En effet, dans les sociétés européennes dignes de ce nom, ce n’était pas un droit mais un *devoir* de se faire justice, remplacé aujourd’hui par le devoir typiquement judéochrétien de se laisser casser la gueule. Attention cependant à une nuance : lorsqu’un de ces salauds « spirituels » nous raconte qu’il faut tendre la joue droite si on nous gifle la joue gauche, ce n’est pas de lui-même qu’il parle.
    Duplicité, mensonge, sournoiserie : valeurs de bases de toute pensée sémite (obédiences toutes confondues : juifs, musulmans, chrétiens).

  5. A reblogué ceci sur Sororité Aryenneet a ajouté:

    « Ce n’est pas parce que la vie est précieuse que l’on abolit la peine de mort, c’est au contraire parce que la vie n’a plus de valeur » – Jean CAU

  6. LG dit :

    Bra-vis-ssi-mo !

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