L’atlantisme français

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septembre 20, 2012 par Sororité Aryenne


par Julie Couronne

La France a mondialement un poids bien supérieur à ce que laisserait croire une lecture partiale de certains indicateurs économiques, et qui font affirmer à certains que la Chine est déjà aussi puissante que les Etats-Unis. En effet, depuis la chute du communisme le monde est dominé par une alliance tripartite –  certes de de nature informelle, puisque ne reposant pas sur une structure institutionnelle mais sur une entente tacite – centré autour de l’hyperpuissance américaine,  seule combattante restante de la Guerre Froide, et soutenue par deux puissances moyennes,  le Royaume-Uni et… nous, la France!

Le Royaume-Uni aligne complètement sa politique sur les Etats-Unis, et la France  feint parfois de manifester quelques divergences pour satisfaire ses anciens trostkystes devenus caciques du Parti Socialiste après un passage obligé par S.O.S.Racisme, mais sur le fond  elle est d’accord. Ces trois pays ont une puissance considérable, pas tant du fait de leur population ou de leur superficie , mais de:

 

–  leur puissance économique ( première, cinquième et sixième en 2008 — première, cinquième et septième en 2011 — mais surtout les principaux foyers d’innovation de la planète),
–  leur puissance militaire (trois des cinq armées les plus puissantes du monde, en tout cas les plus modernes puisque  les deux autres étant la Russie et la Chine),

 

–   leur puissance politique à travers la clientélisation d’un grand nombre  d’Etats de la planète :  Amérique latine et  Asie pour les Etats-Unis,  Afrique pour la France, nombreux petits pays du Commonwealth pour le Royaume-Uni.

 

L’indice déterminant de la congruence de cette constatation est la coopération extrêmement poussée entre ces trois pays dans le domaine du nucléaire militaire, élément des plus stratégiques en la géopolitique mondiale. Dans ce domaine, l’échange par des Etats de données parmi les plus récentes et les plus sophistiquées signifie qu’ils sont des alliés intimes. Cette coopération a beaucoup plus de signification que des chamailleries sur quelque dossier de politique internationale, qui ne révèlent que des dissensions sur règlement de certains problèmes, ou sur des ordres de priorités, mais certainement sur la ligne générale poursuivie; divergences sur les moyens donc, mais pas sur les buts.

 

Les débuts de cette collaboration déterminée remontent aux années 1960, avec une coopération franco-britannique pour la maîtrise de la bombe à hydrogène. Robert Dautray, tenu pour géniteur de la bombe à hydrogène française révèle dans son livre paru en 2007 « Mémoires du Vel’ d’Hiv à la bombe H » qu’en 1967 les britanniques aidèrent les français dans la conception de la bombe à hydrogène qu’ils peinaient à élaborer. William Cook, ingénieur militaire britannique, confia alors des informations fondamentales au général Thoulouze, ce qui n’a pu avoir lieu sans l’intervention des plus hauts dirigeants des deux pays, dans une logique de Guerre Froide qui avait pour but d’empêcher l’Union soviétique de prendre le contrôle des extrémités du continent Eurasiatique, car cela aurait pu lui permettre la mainmise sur les mers. Conséquemment devaient les Etats-Unis maintenir absolument des alliés en Asie orientale et en Europe occidentale, les deux principales périphéries convoitées par les Soviétiques. Le Royaume-Uni protégé par son insularité a joui très rapidement d’un partenariat stratégique dès la fin de la Seconde Guerre mondiale en se mettant sous la protection de son ancienne colonie,  devenue plus puissante qu’elle, en échange de la fourniture d’armements des plus sophistiqués pour se défendre contre toute intention d’agression communistes.
 En revanche l’Europe continentale constituait un point faible qui pouvait être emporté assez facilement par les chars soviétiques : du fait de son statut de pays vaincu, il était inconcevable de réarmer puissamment la RFA, d’autant plus que se trouvant aux premières loges, il eut été risqué d’y disposer des armes pouvant être utilisées ensuite par les Soviétiques en cas de victoire rouge. Le seul autre pays vraiment éligible pour un rééquipement militaire conséquent était la France,  pays « vainqueur » du dernier conflit mondial et qui avait envie de retrouver son ancienne puissance, mais surtout pays qui craignait plus que tout l’invasion des Soviétiques, étant persuadé que les Etats-Unis n’interviendraient pas pour ne  pas créer une guerre atomique. De plus en ce temps-là la France était contrôlée par un « homme fort »,  le général De Gaulle ( de 1958 à 1969) et ne risquait plus de tomber dans les bras des communistes, contrairement aux craintes des années de l’immédiat après-guerre. De plus la France était suffisamment en arrière du front principal,  ce qui lui permettait un temps de réaction suffisamment long en cas d’invasion soviétique, et était en pleine croissance économique, régénérant son complexe militaro-industriel. Enfin, elle possédant le plus vaste territoire d’Europe occidentale permettant de positionner de nombreuses bases :  les Etats-Unis ont donc fait le choix de s’appuyer sur la France pour assurer la défense de l’Europe continentale , les autres pays d’Europe occidentale étant trop petits, pas assez peuplés, ou peuplés mais pas assez développés comme l’Espagne ou l’Italie. Ce choix s’est donc effectué dans ces années-là, pour fortement s’accroître dans la décennie suivante avec des dirigeants plus américanophiles.

 

La  constatation de cette étroite coopération peut être étayée par d’autres arguments géopolitiques, comme leurs sièges au Conseil de Sécurité de l’ONU qui leur donnent un poids important sur les destinées du monde. D’ailleurs, il est très rare qu’ils s’opposent les uns les autres à leurs projets, alors que Russes et Chinois menacent couramment de s’opposer à un projet soutenu par ces trois pays, comme début 2012 à propos de la situation en Syrie. Dans ce cas, Etats-Unis, France et Royaume-Uni se révèlent toujours très unis! Seul contre-exemple, l’invasion de l’Irak de 2003, semble surtout être l’exception qui confirme la règle,  car on peut se poser des questions sur la volonté réelle du gouvernement français de mettre son veto puisqu’il n’a pas eu l’occasion de s’exprimer! Le retrait en Juillet 2012 des troupes françaises d’Afghanistan ordonné par François Hollande ne doit donc pas faire illusion : la « France rose » restera atlantiste!

3 réflexions sur “L’atlantisme français

  1. moktarbenjano dit :

    Excellent !
    Sauf que cela pêche , selon une analyse qui n’engage que moi , par certaines affirmations discrétionnaires .

    En effet les socialistes ne risquaient pas d’adhérer à  » Vichy  » , au nom de l’aversion d’un homme qui était totalement inconnu à l’époque . C’était d’abord et surtout un fuyard inconnu qui se déguisa très vite en résistant faisant prendre les gros risques par d’autres que lui .

    Je vois bien plutôt là le réflexe inné de cette partie ( +/- 50% ) de notre population française à collaborer alors avec celui perçu comme le plus fort – et surtout le plus impitoyable – , avec l’occupant allemand , comme elle collabore aujourd’hui avec le nouvel occupant arabo-musulman .

    Ce n’est que bien plus tard que l’ordure de gaulle a donné la mesure de sa perversité , dans la suprême trahison algérienne de nos magnifiques guerriers et des harkis qui nous avait guerre gagnée – ce qui nous a valu des familles entières massacrées aux couteaux de cuisine , la perte d’une place forte de l’échiquier géo-stratégique , la perte du pétrole , et l’invasion moyenâgeuse silencieuse actuelle – et dans son lâchage imbécile ( et ingrat car sans les ricains que serait devenu le grand homme … ) de l’OTAN , au nom de son ego pathologique .

    Nul n’était besoin de snober l’OTAN pour être autoriser à se construire cette bombe thermo-nucléaire garante de notre indépendance , dés lors que se sont les USA ( comme vous le révéler très justement ) qui nous l’avez  » donné » car ils ne pouvaient pas faire autrement …

    La fascination – qui continue – des français pour ce grand homme machiavélique , aussi usurpateur de la vraie noblesse d’âme que sa fausse particule prétentieuse , est un bon indicateur de la psychologie de ce peuple – à fort potentiel continuellement gâché – qui me fait honte aujourd’hui .

    Le génie propre de ce peuple mangeur de cochons qui a inventé la révolution contre Dieu , a été gâché par les métissages « arabo-andalou » venus d’Espagne après Franco , car il a fait l’erreur d’accueillir les réfugiés républicains vaincus , qui sont venus le contaminer avec leurs utopies mortifères de sang mêlé nord-africain .
    Aujourd’hui les plus virulents soutiens des « nouveaux occupants  » sur les forums « arabes » où je sévis pour m’amuser , sont des descendants de ces immigrés espagnols de 1938 .

    Les américains abâtardis étant eux-même un peuple en bout de course ( Obama en étant la parfaite métaphore ) par l’aboutissement logique de son choix mortifère du cosmopolitisme , je n’ai plus que mon espoir russe pour continuer à croire encore un peu à l’avenir de ma race …

  2. A reblogué ceci sur Sororité Aryenneet a ajouté:

    Voici trois-quarts de siècle, des radicaux et des socialistes français rentraient au Gouvernement de Vichy par antigaullisme et anticommunisme. Or De Gaulle, longtemps proche des communistes, était aussi farouchement anti-atlantiste. Il est donc dans la logique des choses qu’aujourd’hui, pour les évènements d’Ukraine, notre « gouvernement rose » se range dans le camp atlantiste, ainsi que je l’annonçais il y a bientôt deux ans :

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