Marxisme et capitalisme, jumeaux utérins monstrueux du protestantisme

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septembre 20, 2012 par Sororité Aryenne


par Brigid Trismegiste

En 1870, après le désastre de Sedan qui clôt l’épisode Napoléon III de l’histoire de France, la république est instaurée. Si les catholiques d’alors, bercés par l’espoir d’une encore possible restauration monarchique, la dédaignent, les protestants quant à eux y adhèrent d’enthousiasme : dès l’année suivante, on trouve le général de Chabaud-Latour, membre éminent du Conseil central des Églises réformées depuis 1859, au ministère de l’Intérieur, le pasteur protestant Edmond de Pressensé député de Paris de 1871 de 1876 puis sénateur inamovible en 1883) … les germes d’anticléricalisme et les attaches maçonniques que portent cette république en elle ravissent les calvinistes de France qui dominent d’écrasante façon le protestantisme français depuis que la majorité luthérienne est coincée dans l’Alsace-Lorraine, cédée à l’Allemagne de Bismarck. Francs-maçons et parpaillots s’entendent comme larrons en foire et c’est sur l’intervention d’un authentique ministre du Culte, le pasteur Frédéric Desmons qui est aussi grand-maître du Grand Orient de France, qu’en 1877 se consomme officiellement le divorce entre le Dieu des chrétiens et les loges maçonniques : Desmons présente au convens un rapport formulant le voeu que la franc-maçonnerie se trouve désormais déliée de l’obligation de travailler à la gloire du « Grand Architecte de l’Univers », et ce sera chose faite. Il participera également en 1904 à l’épuration des cadres de l’armée, connue sous le nom d' »affaire des fiches » *

Deux ans plus tard, année de l’élection de Jules Grévy, paraît le premier numéro du « Réformateur », quotidien que son sous-titre proclame « anticlérical et républicain » et qui dans l’éditorial de son numéro-prospectus déclare la guerre aux « deux grands ennemis de la liberté humaine« (sic) , à savoir le cléricalisme « qui asservit les âmes et réduit l’homme à n’être qu’une machine mue par la maion du prêtre » et le matérialisme qui « ravalant l’homme au niveau de la brute… finit pas servir le cléricalisme et rejette froidement les masses dans la superstition »

Le dreyfusard Félix Pécaut, créateur d’une Église libérale à Neuchâtel (dans la très calviniste Suisse donc) répétait à l’envi « L’oeuvre de réforme qui a échoué au XVI° siècle par voie ecclésiastique, il faut l’accomplir par voie scolaire« . (la Réforme de 1517 à 1560 voulait en effet que les fidèles soient en mesure de lire la Bible en langage vernaculaire, l’allemand ou le français : hommes et femmes devaient donc être alphabétisés ) Message reçu puisque dans l’éditorial du n°1 du Réformateur on va pouvoir lire un vibrant plaidoyer en faveur de l’instruction universelle qui devra être gratuite « afin que quiconque en priverait ses enfants soit sans excuse« , obligatoire « afin que désormais nul n’arrive à l’âge adulte sans pouvoir exercer les droits et remplir les devoirs de citoyen« , et laïque « afin qu’un enseignement obscurantiste n’étouffe pas dans les jeunes esprits le germe des facultés que l’instruction doit féconder« .

Dans ce régime gouvernemental où se forge la société nouvelle, le programme est donc axé en priorité sur la refonte de la scolarité. L’instruction publique va donc être, pour les protestants d’alors, une façon de chasse gardée sous l’égide du franc-maçon Jules Ferry, marié à la calviniste Eugénie Risler (fille d’un industriel alsacien) : Léon Say, Conrad de Witt seront ses conseillers les plus écoutés, et les chargés de mettre sur pied l’organisation de l’école laïque, outre le précité Félix Pécaut :

– Ferdinand Buisson, figure historique du protestantisme libéral, exilé volontaire en Suisse sous le Second Empire de 1866 à 1870, et qui participera à la création de la Ligue française des Droits de l’Homme dont il sera président de 1913 à 1926.

– Jules Steeg, premier pasteur en titre de la paroisse protestante de Libourne (Gironde) de 1859 à 1877.

Parachutés aussitôt de l’Université de … Neuchâtel, évidemment, où ils professaient, Pécaut et Steeg se voient nommés à la direction de l’Ecole Normale de Fonternay-aux-Roses et s’empressent d’y trier les informations et de façonner le modèle culturel historique auquel adhèrent plus de 90% encore des Français d’aujourd’hui ; entièrement axé autour du fétichisme de la Révolution de 1789, il va devenir le fondement obligé de toute pensée sociale.

Le Moyen-Âge y devient un millénaire de ténèbres sur fond de population martyrisée, réduite à sa nourrir de racines et de batraciens, décimée par la famine et les épidémies, l’oppression étant symbolisée par le château-fort dont la silhouette rébarbative domine ces siècles de chaos, d’incohérence et de servage. Cette historiographie est toutefois singulièrement sélective : Charlemagne, pour avoir inventé l’école, voit oublié le génocide par décapitation de 4500 Saxons en 782 ; les massacres deviennent une « exclusivité papiste », tel la fameuse Saint-Barthélémy (24 août 1572) , passant soigneusement sous silence les massacres protestants antérieurs, tels les Michelades (29 Septembre 1567), le pillage de la Chaise-Dieu en 1562 et les ravages commis par les huguenots aux dépens des catholiques dans la région du Puy ; quant à Louis XIV et Richelieu, ils font figure de « grands méchants », l’un pour la révocation de l’Edit de Nantes et l’autre pour le siège de La Rochelle, mais point Napoléon, malgré ses guerres meurtrières et le rétablissement de l’esclavage, car issu de la République!

La pièce-maîtresse de cette nouvelle éducation est un livre d’apprentissage de la lecture du cours moyen intitulé Le Tour de la France par deux enfants, paru en 1877 et signé G. Bruno, pseudonyme d’Augustine Fouillée. Il narre le périple de deux jeunes garçons de par la vaste France, où Ils accumulent une richesse de connaissances nées de l’apprentissage des techniques, de l’habileté dans le travail, s’initiant à l’agriculture, à l’économie domestique, à l’hygiène… on y décèle cette vision typiquement protestante du travail, présenté non plus comme une triviale nécessité mais comme une façon de s’épanouir, annonçant avec un siècle d’avance le « se réaliser dans le travail » des années 1980.

Dans l’édition de 1906 toute référence à Dieu, à la religion, est supprimée, même dans les expressions les plus courantes. Disparaissent la visite de Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Fénelon, Bossuet, Vincent de Paul : cette substitution d’une idéologie de la fraternité et de la solidarité à la morale religieuse, accentuant la tonalité laïque du livre et soulignant un optimisme à l’égard d’une société sans référence au surnaturel, strictement humaine et œuvrant au règne du rationalisme, porte toutes les traces de l’idéologie franc-maçonne. Quant à l’établissement final des deux orphelins dans la « ferme idéale » de leur oncle paternel, elle préfigure l’extase kolkhozienne des républiques marxistes ostiques.

Le message est donc clair : avant 1789, si le peuple était malheureux, c’était à cause des seigneurs féodaux qui l’écrasaient de corvées et d’impôts pour pouvoir ripailler dans leurs châteaux ; s’il l’est encore après 1789, en revanche, c’est de sa faute ! Pas un mot sur la destruction des corporations médiévales par la bourgeoisie jacobine en 1793, qui avait « mis ceux qui n’avaient rien à la merci de ceux qui avaient quelque chose », pour reprendre le mot d’Edouard Drumont. On va donc retrouver, dans les manuels scolaires français d’alors, une présentation tout aussi partiale que celle du Moyen-Âge de l’histoire officielle de la seule véritable révolution populaire, celle où pour la première fois sera brandi le drapeau rouge : celle de la Commune, en 1871. Là aussi plus que d’une véritable falsification il va s’agir d’un tri, d’une savante sélection entièrement au service de la bourgeoisie, classe sociale désormais au pouvoir : l’accent est mis sur certaines informations discréditant la Commune, le silence sur d’autres qui pourraient la valoriser – par exemple il sera enseigné que le peuple de Paris, excité par quelques meneurs révolutionnaires, exécute le général Lecomte, mais pas qu’il avait donné l’ordre de tirer sur la foule ! – et il sera également passé sous silence que les « versaillais » exécutaient sommairement les prisonniers « communards », refusant de leur accorder le statut de belligérants.

Non, si l’ouvrier ou la paysan français est malheureux désormais, il en porte l’entière responsabilité : c’est parce qu’il s’adonne aux vices tels que le jeu, l’intempérance, et surtout… la paresse ! Là aussi on retrouve cette sacralisation du travail, commune au capitalisme et au communisme, et qui confirme que loin d’être antagonistes ils ne sont que les jumeaux utérins monstrueux d’une même matrice : le protestantisme**. Et cette volonté d’instruction forcée du peuple préfigure la « rééducation idéologique » communiste, où l’insatisfait ne peut être qu’un malade mental – quel sain d’esprit pourrait ne pas s’épanouir dans le « paradis communiste » ? – et sera donc interné dans les conditions que l’on sait : même rhétorique dans nos sociétés régies par le libéralisme économique, où on ne veut plus punir mais « aider » l’individu coupable de s’y sentir mal, par une psychothérapie (de préférence sans fin)…

Car si le catholicisme sanctifiait le travail pour le faire accepter dans sa pénibilité, il n’en reconnaissait pas moins sa nature expiatoire au nom du « péché originel » , alors que ce sont les mouvements ouvriers, à l’inconscient empoisonné par cette éducation protestante moralisatrice, qui ont poussé le plus loin sa sacralisation sous la forme paradoxale d’une mythologie laïque, forgeant eux-même les chaînes qui ont attaché ceux qu’ils étaient censés défendre aux mécanismes de productions, tout cela au nom de la « dignité du travail » et autres fariboles !

Rappelons-nous que la dernière tentative en date pour réduire le temps du travail, les fameuses « 35 heures », ne l’ont été que pour faire travailler plus de monde, et non pas pour soulager les travailleurs !

Ainsi pour ce qui concerne le travail, tant pour le ploutocrate que pour le socialo-communiste, l’objectif n’est et ne fut autre que de tordre les esprits jusqu’à les forcer à produire une évocation mentale assimilant deux vocables, vie et travail, dont le sens ne saurait alors se saisir indépendamment l’un de l’autre, mais au contraire dans leur intime imbrication : il n’est rien dans la vie au-dessus du travail ou, le travail est la vie ou, la vie est toute dans le travail ou toute autre variation sur le thème ; et pour y parvenir à cette fin, la méthode utilisée fut caractérisée par la confusion et l’amalgame, confusion entretenue depuis l’école la plus élémentaire sur le mot lui-même tour à tour présenté comme vertu ou comme punition (la punition scolaire ayant longtemps consisté en en surcroît de devoirs), confusion et amalgame entre activité et travail (sachant que toute dépense d’énergie n’est pas travail), proposition de la retraite à 70 ans au nom de la « liberté de travailler »…. bien entendu, cette texture idéologique est sous-tendue par un discours méritocratique qui, sous le fallacieux prétexte de la responsabilité de l’individu, de sa liberté (figures rhétoriques usurpées par le discours réactionnaire et versées dans le magma de l’idéologie dominante), justifie l’inégalité sociale, et se révèle n’être qu’une sécularisation de la très calviniste doctrine de la « double prédestination » qui pousse le croyant à tenter de « deviner » s’il est un « élu » par un travail acharné et l’accumulation de richesses. Le « pauvre » se trouve ipso facto rejeté dans le camp des réprouvés, et le personnage du psychiatre, qui remplace le prêtre comme confesseur des âmes, achève de verrouiller le système par un discours incitant les personnes en souffrance psychique à se « remettre en cause » – là aussi, sécularisation du fameux « libre examen protestant », qui l’a également été sous la forme de « l’autocritique » dans les régimes communistes – donc à se conformer à la société telle qu’elle est : ce n’est plus « Dieu le veut » mais « le sens de l’histoire » ou « la loi des marchés » . Lourdement médicamenté, l’individu « déviant » va donc pouvoir reprendre sa place dans le monde du travail et se conformer à l’adage de John Maynard Keynes : « Mieux vaut avoir tort avec le Marché que raison contre lui » !

* Consista en fichage et discrimination des « bons » et « mauvais » militaires, investigation déléguée par le général André alors ministre de la Guerre… au Grand-Orient, qui disposait de loges dans les villes de garnison! Il suffira parfois qu’un officier aille à la messe pour que sa carrière soit freinée ou bloquée, puisqu’alors républicain signifiait anticlérical et que les fiches portaient essentiellement sur les croyances et les pratiques religieuses. Cette discrimination de masse sera dénoncée au Parlement, mais ni le gouvernement radical, ni le Grand-Orient ne renieront leur volonté de discriminer les fonctionnaires selon leurs opinions Le colonel Pétain, pourtant connu pour son athéisme, verra sa carrière bloquée par une fiche malveillante, et pourra constater la vague d’incompétence et de désorganisation qui submergera l’armée française de 1904 à 1914 (le généralissime Joffre, lui même franc-maçon, devra limoger 180 généraux incompétents dès les débuts de la Grande Guerre) L’hostilité que le Maréchal Pétain exprimera en 1940 envers la franc-maçonnerie sera donc le fruit d’une expérience personnelle et de l’observation d’une stratégie qui, si elle favorisait des individus, déstabilisait la cohésion nationale.

** Un autre aspect qui rapproche les sociétés ploutocratiques et communistes, c’est la destruction de la famille monogamique : dans le monde actuel, les deux parents travaillent et les enfants sont élevés… par quelqu’un d’autre . Or cette conjoncture, résultat de la « libération » de la femme par le travail, commencée en France sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing – donc sous un gouvernement de « droite » – correspond en fait à la doctrine marxiste selon laquelle son émancipation, son égalité de condition avec l’homme, demeurerait impossible tant qu’elle serait exclue du « travail social productif » et cantonnée au « travail privé domestique » ! Dans les faits, on aboutit à une situation où une femme travaille afin d’en payer une autre pour élever son enfant, et où les « techniciennes de surface » vont faire le ménage chez les autres au lieu de le faire pour leur proches… quel grand progrès moral ! Mais tout le monde travaille, et pour un protestant, seul cela compte !

9 réflexions sur “Marxisme et capitalisme, jumeaux utérins monstrueux du protestantisme

  1. Romin dit :

    Toute la première partie de votre article est un copié-collé d’un chapitre du livre de Robert Beauvais, Nous serons tous des protestants.
    Vous pourriez au moins le citer.

  2. albers dit :

    je constate, avec satisfaction, que julius Evola n’est pas inconnu de la Sororité Aryenne !!
    j’ai plusieurs de ses livres dans ma bibliothéque.
    sur le blog de Carole Ravereaud, elle a indiqué : « les femmes au milieu des ruines »,
    sans doutes pour paraphraser le titre : « les hommes au milieu des ruines, un livre d’Evola
    Continuez toutes les quatre à nous guider !!
    A.Albers

  3. A reblogué ceci sur Sororité Aryenneet a ajouté:

    « Homo ad laborem nascitur et avis ad volatum » – Job 5:7 : (selon les bibles ce verset est tantôt traduit « L’homme est né pour travailler comme l’oiseau pour voler » et d’autres fois « L’homme est né pour souffrir comme les étincelles volent en l’air » !!!)

    « Le premier fruit de la sagesse est le travail » – Émile-Auguste CHARTIER dit ALAIN, du Comité de Vigilance des Intellectuels antifascistes

    « C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle ; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète » – Simone DE BEAUVOIR

    « C’est le rôle essentiel du professeur d’éveiller la joie de travailler » – Albert EINSTEIN

    « Le travail, c’est la vie, et sans lui il n’y a que peur et insécurité » – John LENNON

  4. wolf dit :

    D’accord pour les observations sur la falsification de l’histoire bien avant WW2, par contre dire se réaliser par le travail est un écran de fumée FM pour esclaver les gens, c’est un peu court. Le travail bien fait comme oeuvre de sa vie a toujours été au coeur de l’ame germanique, le juif a toujours essayé d’en recolter les fruits certes, mais c’est une qualité millénaire reconnue comme telle par les teutons de hier et encore d’aujourd’hui. Bien évidememnt l’artisanat transmis par les guildes n’a rien à voir avec l’esclavage derrière une caisse de hypermarché. Dans leur qualité de travailleur honnête et fiable, les allemands seront génetiquement seront toujours devant le reste du monde, tant qu’ils seront majoraites dans leur pays, çàd plus pour longtemps.

    • Le travail est un devoir social, mais « se réaliser » par le travail seul conduit au consumérisme. Ora et labora disaient les moines médiévaux, avec juste raison.

    • « Le travail pris comme une fin en soi et au-delà de ce qui est nécessaire à la subsistance, est une aberration – et c’est précisément le « travailleur » qui devrait le comprendre : l’ « éthique du travail », l’ « humanisme du travail », le « travail comme honneur » et autres bavardages, ne sont que des moyens pour le mystifier et pour renforcer les chaînes qui l’attachent au mécanisme de la « production » devenue une sorte de processus autonome » – Julius EVOLA, Explorations ¤ Hommes et problèmes

  5. Grankormalad dit :

    Napoléon et son grand Sanhédrin… Qui se fait niquer par ses indics juifs au front. Pwned!🙂

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