Agressivité et morale

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septembre 26, 2012 par Sororité Aryenne


par Brigid Trismegiste

 

L’agression entre individus d’une même espèce, loin d’être le principe maléfique et destructeur qu’a voulu y voir la psychanalyse juive freudienne, est partie essentielle de l’organisation des instincts pour la protection de la vie. A cette pulsion utile et souvent indispensable, la Nature a ajouté un mécanisme spécial d’inhibition : ainsi, à l’issue d’un combat de mâles pour le commandement de la horde, le lion ou loup vainqueur saisit la gorge de son adversaire entre ses crocs, mais se garde bien de la déchirer. Il le libère et le vaincu accepte sa situation de subalterne. L’agression intraspécifique sert donc, dans les cas qui nous intéresse, à établir la hiérarchie organisatrice sans laquelle la communauté ne pourrait survivre.

L’analogie avec l’évolution culturelle de l »humanité au cours de son histoire est la raison pour laquelle les impératifs les plus importants des lois sociales sont des interdictions et non point des commandements. Et, de même que les inhibitions instinctives empêchent chez les animaux sociaux un comportement asocial, les tabous transmis par la tradition et observés par coutume génèrent chez l’homme un comportement moral. Les combats codifiés des activites sportives sont le meilleur exemple de comportements humains analogues à la morale immanente animale. L’un des premiers postulats de la morale raisonnante doit donc être de reconnaître que l’agressivité a pour fonction de développer une hiérarchie sociale, mais qu’à l’instar de la sexualité, elle ne doit pas être systématiquement poussée à ses conséquences ultimes. Agressivité et sexualité doivent être ritualisées afin que les membres d’une communauté humaine ne se combattent ni ne se blessent mutuellement, grâce à des liens d’amour et d’amitié entre les individus faisant obstacle à l’extermination intraspécifique et à la frustration sexuelle.

L’interaction entre agressivité et sexualité est notable : il est en effet toujours avantageux, pour le devenir d’une espèce, que le plus fort de deux rivaux féconde la femelle désirable car cette sélection par le combat des mâles assure la reproduction des individus temporairement les plus vigoureux, ce qui renforce la vitalité raciale. Mais des aberrations se produisent quand la rivalité sexuelle opère seule la sélection de l’espèce sans que les exigences du monde extérieur parviennent à influencer cette évolution : des formes bizarres, inutiles à l’espèce – voire en handicapante pour les mâles face à leurs prédateurs naturels – se développent :Surdéveloppées, les ramures du cerf entraînent parfois la mort
par épuisement de deux mâles s’ils restent coincés par leurs bois emmêlés.

Les rémiges secondaires de l’argus, un oiseau de Bornéo,
se sont tant agrandies pour séduire les poules que le mâle ne peut presque plus voler.



Or, depuis que l’homme a éliminé comme sources de danger potentielles les plus grands prédateurs, il ne réagit plus qu‘à la concurrence intraspécifique. Le « surtravail » des pays industrialisés est l’un des produits les plus absurdes de cette évolution qui n’est plus commandée que par la concurrence des hommes les uns envers les autres. Des excès comme la mise au chômage de travailleurs valides et l’indignité imposée aux sans-travail en est un. La concurrence intraspécifique est devenue source de mal-être dans les sociétés industrialisées, et ceux qui ne sont pas assujettis à une activité professionnelle la réorientent par délinquance :

Une réflexion sur “Agressivité et morale

  1. valdorf44 dit :

    Chez les primates, rares sont les espèces où l’on tue ses congénères. Le comportement meurtrier des chimpanzés a donc troublé les éthologues qui ont échafaudé deux hypothèses pour tenter de l’expliquer. La première nous met en cause, qui dit que les agressions mortelles se développent là où l’homme agresse le singe, soit directement, en le braconnant, soit indirectement, en détruisant son habitat via la déforestation. A Gombe, il a aussi été noté que l’approvisionnement par l’homme des communautés de chimpanzés, action a priori bienveillante, pouvait avoir des conséquences perverses : ne plus avoir à chercher de la nourriture sédentarisait les singes et faisait grimper le nombre d’agressions. La seconde hypothèse est d’ordre évolutionniste. Selon elle, le meurtre serait une tactique grâce à laquelle le tueur accroît à peu de frais son territoire, son accès à la nourriture et à la reproduction.

    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2014/09/17/les-chimpanzes-sentretuent-ils-sous-linfluence-de-lhomme/

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