Dialectique de l’éros et de la civilisation – l’aliénation de l’homme par le travail

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octobre 5, 2012 par Sororité Aryenne


par Yoo Mee Shin

La sexualité comporte deux aspects:

– un aspect profane, la reproduction

– un aspect sacré , la reliance — dans le sens de besoin psychosocial , de création ou recréation des liens, d’établissement ou rétablissement de liaison entre une personne et, soit un système dont elle fait partie, soit l’un de ses sous-systèmes.

Les sororités — prêtresses de Lesbos , Dui shi de la Chine du II° millénaire av J-C , mythiques Amazones — et confréries d’autrefois — Spartiates, Templiers, S.A.– étaient homosexuelles. Pourquoi? Car elles savaient que face à son amant(e), aucun(e) guerrier(e) ne pouvait faillir ni faire acte de trahison.

L’amour homosexuel, plutôt que d’être combattu, était donc réorienté. S’exhiber avec des plumes dans le cul et des platform-boots taille 45 lors d’une « gay-pride » – puisque la plupart du temps seule l’homosexualité masculine heurte les sensibilités – n’est jamais qu’un reflet des grandes processions nationales-socialistes des « chemises brunes » dans l’Allemagne des années 30. Et l’homosexualité n’empêche en rien la procréation : dans la Sparte antique, tous les garçons servaient de 6 à 35 ans , puis étaient relevés de leurs obligations et sommés de se marier et d’engendrer ; Sparte maintint durant huit siècles son statut de grande puissance, et demeure encore un exemple pour beaucoup… chez les samouraïs , dans la lointaine Asie, les relations homosexuelles s’inscrivaient dans le cadre d’une éducation élitiste. Structurées selon une différence d’âge et de statut, l’homme seul était sexuellement actif et les rapports sexuels cessent une fois le cadet devenu adulte. S’il est certain que les mœurs monacales servirent de modèle aux amours masculines qui eurent bientôt cours chez ces guerriers , il n’en reste pas moins que la structure féodale de la société japonaise contribua de même à structurer ces relations ; le jeune samouraï servait son aîné lors des campagnes militaires et , en temps de paix, jouait souvent le rôle d’une façon de page à à l’allure efféminée.

Comme entre un moine et un novice, la relation entre deux samouraïs débutait par des serments fraternels, éventuellement écrits, qui constituaient alors un véritable contrat. Développées dès le IXe siècle , les communautés monastiques étaient environ 90 000 dans le Japon de la fin du XVIe siècle, d’aucunes abritant jusqu’à un millier d’hommes et de garçons, où les moines gardaient auprès d’eux des novices ou chigo, garçons souvent très jeunes issus des grandes familles, venus simplement s’initier à la liturgie ou bien préparer une carrière monastique. Les relations sexuelles entre moines et chigos étaient fréquentes et incluaient les rapports anaux. Chaque partenaire portait un nom et tenait un place bien définie , l’aîné (nenja ou anibun) et le cadet (nyake ou otôtobun) ayant contracté un lien fraternel appelé kyôdai chigiri et s’étant juré mutuelle loyauté . Pas plus qu’en Grèce Antique , ces relations de type pédérastique n’excluaient les liaisons hétérosexuelles ou le mariage.

Et dans l’Egypte antique, toute la mythologie égyptienne est basée sur l’inceste et la consanguinité : c’était un exemple pour les familles dirigeantes, afin de conserver leur sang supérieur. La longévité de l’ancien empire égyptien en dit long sur les soi-disant danger et impudicité de ces pratiques…

A l’origine était Noun, le chaos , que les Egyptiens imaginaient sous la forme d’une masse liquide inanimée, qui par reproduction directe avait engendré le dieu du soleil Râ . Râ s’unit à lui-même en se mutilant pour se satisfaire et mit au monde le premier couple divin, le dieu de l’air Shou et la déesse de l’humidité Tefnet , dont il se trouva ainsi être tout à la fois père et mère , puisqu’ils étaient nés des gouttes de sang jaillies de son phallus et de son sperme fécondant son propre sein .

De l’inceste de Shou et Tefnet naquirent le dieu de la terre Geb et la déesse du ciel Nout, lesquels engendrèrent à leur tour Osiris, Isis, Seth et Nephthys ; naturellement Osiris épousa sa sœur Isis et reçut de Geb la riche vallée du Nil , tandis que Seth et Nephthys héritèrent des vastes déserts environnants.

Or il advint que Seth, jalousant Osiris, le tua par ruse et le découpa en morceaux qu’il éparpilla . Isis réussit à rassembler les portions éparses de son malheureux époux à l’exception de la partie qui lui tenait le plus à coeur, son phallus jeté dans les eaux du Nil et avalé par une anguille ( d’où l’interdiction formelle faite aux prêtres égyptiens de consommer du poisson ) . Dès lors, Isis ne pouvait donner sépulture à Osiris car sa dépouille était incomplète. Par chance Anubis, fils d’Osiris et de Nephtys _ eh oui, l’échangisme était un privilège divin! _ assembla si minutieusement les parties du corps de son père que le mort semblait vif, et y adjoint un phallus artificiel qu’Isis ranima en le prenant dans sa bouche :

Dès lors la fellation devint un rite sacré, et dans les temples d’Isis on sanctifiait chaque année un phallus fabriqué par les prêtres pour l’épouse et soeur d’Osiris, qui était porté en triomphe en tête des processions consacrées à cette déesse qui enseignait aux femmes non seulement les travaux ménagers, mais également les caresses érotiques.

Venons-en maintenant l’aspect religieux du problème : dans les trois religions du Livre, vous remarquerez un commun souci de freiner l’activité sexuelle. Ca peut paraître curieux: en effet, lorsqu’un croyant a faim, il se restaure. Lorsqu’il a soif, il se désaltère. Lorsqu’il est saisi de l’envie conséquente d’uriner ou de déféquer, il se rend aux toilettes. Mais lorsqu’il éprouve la toute aussi naturelle envie de copuler, il se précipite en quelque recoin obscur pour prier d’être débarrassé de cette tentation, pourtant aussi corporellement légitime que les précédentes! Dans les temps reculés, cela pouvait correspondre à un louable désir de freiner une prolifération incontrôlée d’enfants illégitimes. Mais de nos jours, grâce au Progrès et à la Science, la Contraception a rendu ce souci obsolète! Enfin nous avons le moyen de réconcilier la trinité Corps-Âme-Esprit par un assouvissement de leurs désirs respectifs! Ne reste plus qu’à se débarrasser des vestiges obscurantistes de ces religions périmées pour accéder à cet état de grâce perpétuel!

Or un fait s’oppose à cela : le temps de travail obligatoire qui non seulement ne baisse plus, mais menace même de remonter! N’est-ce pas là la pire des aberrations historiques ? Toute sa vie l’Homme a inventé des machines pour soulager sa peine et, donc, réduire le temps de cette mortellement ennuyeuse activité nommée « travail » ; or maintenant que presque tous les moyens de productions sont automatisés celui-ci devrait restreindre comme peau de chagrin! Mais non! Entre « l’obsolescence programmée » des années 60 et le « tout commercial » des années 80, nous voilà contraint de perdre notre temps à nous démener vendre le même objet fabriqué par X fabricants différents, pour en acheter d’autres à l’espérance de vie délibérément limitée alors que les moyens techniques actuels permettraient de faire les mêmes quasi-indestructibles!

Ainsi que l’annonçait prophétiquement Herbert Marcuse en 1955 : « L’automatisation menace de rendre possible l’inversion de la relation entre temps libre et temps de travail sur laquelle repose la civilisation actuelle : elle menace d’offrir la possibilité de voir le temps de travail devenir marginal et le temps libre essentiel. Le résultat serait une transformation radicale du contenu des valeurs et un mode de vie incompatible avec la civilisation traditionnelle. La société industrielle avancée est mobilisée en permanence contre cette possibilité » Et force est de constater que les horaires de travail actuels ne sont plus justifiés. On en est à créer des pans entier de labeur artificiel, à fabriquer en surnombre des objets identiques sous des marques différentes dont seulement un petit pourcentage se vend réellement, le reste finissant soldé ou jeté; et on oblige les gens à passer leur existence à se battre pour se les vendre entre eux moins cher que le concurrent. La production utile, indispensable ne représente plus qu’un petit pourcentage du travail, tout le reste n’est que stérile marketing .

D’autre part, il est plus qu’évident que l’humanité blanche a atteint un degré de technicité suffisant pour fabriquer des machines beaucoup plus résistantes que celles que nous avons actuellement. Celles qu’on nous fait acheter sont délibérément fragilisées pour nous obliger à les remplacer régulièrement — cela s’appelle aussi « désuétude planifiée » — simplement parce que l’économie actuelle repose sur des principes du XIX° siècle où il y avait une guerre tous les 30 ans: tout était alors détruit, il fallait reconstruire et donc se remettre à fabriquer. Depuis 1945 on n’ose plus se faire la guerre dans les pays civilisés, donc il a bien fallu obliger les gens à remplacer leurs biens d’une autre façon! Personne ne songera sérieusement à contester qu’on pourrait, techniquement, ne travailler que quelques heures par semaine, sans manquer de nourriture ni de confort matériel.

Nous en sommes arrivés à la paradoxale situation où le progrès n’est plus au service de l’homme, mais l’homme au service du progrès! Et il y a effectivement, dans les sociétés des « pays riches » actuels , aliénation de l’homme par le travail : on y présente le travail comme « émancipateur », ce qui est un autre exemple de l’inversion des valeurs si fréquente à notre époque de déliquescence. D’ailleurs toute la rhétorique autour du travail en procède, ainsi que de la dévalorisation de l’individu (quel que soit son sexe)

Examinons les phrase récurrentes des ANPE et autres marchés aux bestiaux du travail :

« Nous vous donnons du travail »

« Vous êtes demandeur d’emploi »

donnons: Or c’est l’employé qui fait « cadeau » de lui à l’employeur, mais la phrase vise à nous faire croire l’inverse.

demandeur : vise à positionner la personne inférieurement, en quémandeuse

emploi : vise à réifier l’individu, à le faire se considérer comme un objet réduit à sa simple utilité

Considérons maintenant le célèbre adage : à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses capacités.
La deuxième partie doit être rectifiée car elle ne tient pas compte des psychismes différent : certains adorent travailler et le feraient même sans être payés (on voit ça chez certains retraités, qui continuent à bricoler de-ci de-là gratuitement), d’autres détestent travailler et ne le font qu’à contre-coeur, donc mal! Dans une société fasciste –  – c’est-à-dire nationale-socilaiste ou nationale-communiste, la premier modèle convenant mieux aux peuples européens alors que le second s’accorde plutôt aux psychismes asiatiques – idéale, on remplacera donc la deuxième partie de l’adage par de chacun selon ses envies : certains travailleront beaucoup et d’autres pas du tout, mais au final la production sera toujours la même, donc rien ne manquera.

En s’acharnant à vouloir établir une hypothétique égalité et indifférenciation des individus, les démocraties dites « libérales » font deux sortes de malheureux: ceux qu’on empêche de travailler plus, pour obliger les autres à le faire à leur place alors qu’ils n’en ont pas envie! Il convient donc de poser comme postulat que , chacun travaillant ou pas, chacun a droit a sa part de la production : là ce sera la vraie liberté!

Pour conclure, étudions l’origine de cet état de fait : sa matrice est le judaïsme qui a réifié la Nature
Genèse 1:26 – Puis Dieu dit: Faisons l`homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu`il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.
là où les paganismes panthéistes voyaient une divinité dans chaque arbre, point d’eau etc… tant que ça ne concerna que quelques tribus juives errant dans le désert, ça ne tira pas trop en conséquence, mais lorsque le christianisme y a adjoignit l’obligation d’apostolat, la conception a commencé à s’étendre dans le monde… tant que régnait le catholicisme qui médiévalement considérait le travail comme une simple obligation – puisque censé être punition divine — ce mépris contrebalançait celui de la nature et limitait les dégâts… avec la naissance puis l’extension des protestantismes et de leur légitimation morale de l’accumulation industrielle de la richesse, il n’en fut plus rien : car comme il était tout aussi moralement irrecevable de dépenser ses gains, ces protestantismes firent obligation de réinvestir cet argent pour travailler plus. Dans cette optique on ne pouvait qu’aboutir à plus de production, donc devoir créer plus de besoins, fabriquer toujours plus, inventer des activités (qui sont de moins en moins des métiers ) toujours plus nombreuses et inutiles, et pour cela piller et saccager la Nature puisque, d’après la Bible, Dieu ne l’a créée que pour la mettre à disposition des humains.

Genèse – 1.29 : Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture.

1.28 (…) Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.

Et on en observe aujourd’hui les brillants résultats sous la forme de pollution, déforestation, stress au travail etc … à quoi bon progresser technologiquement si ce n’est pas pour avoir plus de temps libre? Si c’est pour travailler plus, aucun intérêt! Le progrès doit être au service de l’homme, pas l’inverse! La vraie liberté sera lorsque le travail ne sera plus obligatoire, puisqu’aujourd’hui depuis la première fois dans l’histoire de l’humanité c’est réalisable, et ainsi s’opérera la réconciliation de l’éros de la civilisation.

« Contre une société qui utilise la sexualité comme moyen pour réaliser une fin socialement utile, les perversions maintiennent la sexualité comme fin en soi.  » Herbert Marcuse , Eros et civilisation (1955)

3 réflexions sur “Dialectique de l’éros et de la civilisation – l’aliénation de l’homme par le travail

  1. jean dépautre dit :

    Travailler plus pour gagner plus…de quoi? De l’argent.Pour faire quoi? Acheter plus d’objets.
    Pour faire quoi? Se les mettre dans le cul…

  2. Yoo Mee Shin dit :

    A reblogué ceci sur Sororité Aryenneet a ajouté:

    « L’activité tournée vers le profit et la production, de moyen s’est faite fin, a pris l’homme corps et âme et l’a finalement condamné à une course sans répit, à une expansion illimitée de l’agir et du produire. Dans ce mouvement, qui n’est pas « activité » mais seulement agitation insensée, l’économie enchaîne des milliers et des milliers de travailleurs, non moins que le grand chef d’entreprise, le « producteur de biens », le « possesseur de moyens de travail », et détermine des actions et des réactions concordantes génératrices de destructions spirituelles toujours plus grave. Si le grand chef d’entreprise se consacre totalement à l’activité économique, il en fait, par une auto-défense instinctive, une sorte de stupéfiant dont il ne peut plus se passer _ car s’il s’arrêtait il ne verrait que l’horreur d’une existence privée de signification.

    Comme le « peuple », le « travail » est devenu un de ces entités sacrées, intangibles, dont l’homme moderne n’ose rien dire, sinon pour les louer et les exalter. Un des aspects les plus opaques et les plus plébéins de l’ère économique est précisément cet auto-sadisme qui consiste à glorifier le travail en tant que valeur éthique et devoir humain essentiel » – Julius Evola, chapitre 6 de « Les hommes au milieu des ruines », 1972

    « Une étrange folie possède la classe ouvrière des nations où règne la civilisation capitaliste. (…) Cette folie est l’amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture (…) Travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous ayez plus de raisons de travailler et d’être misérables » – Paul LAFARGUE ,Le droit à la paresse

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