Le symbolisme de la gynoïde sous le Troisième Reich

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novembre 2, 2012 par Sororité Aryenne


par Brigid Trismegiste

Le 8 Janvier 1968 François Missoffe, ministre de la Jeunesse et des Sports de De Gaulle, venu inaugurer la piscine du campus de Nanterre, eut avec Daniel Cohn-Bendit le dialogue suivant:

« J’ai lu votre Livre blanc ( «Une politique de la jeunesse pour quoi faire ?» ), 600 pages d’inepties, vous n’y parlez même pas des problèmes sexuels des jeunes »

– Si vous avez ce genre de problèmes, vous n’avez qu’à vous plonger dans la piscine!  »

– C’est exactement le type de réponse que l’on obtient dans un régime fasciste. »

Aucune surprise dans ces réponses : Missoffe, très lié aux milieux affairistes protestants, fait simplement preuve du stupide puritanisme sexuel, apanage particulier de cette variété de chrétiens, qui se contente de nier carrément l’existence des besoins sexuels humains. Quant à Cohn-Bendit il ne donne que la preuve de sa méconnaissance du fascisme : en effet, le national-socialisme allemand fut le premier régime politique du XX° siècle à saisir la nécessité de l’équilibre sexuel et à prendre des mesures concrètes en ce sens.

En homme avisé, le Reichsführer Heinrich Himmler avait remarqué ce qu’il nommait «les pertes inutiles » dont l’armée allemande avait souffert en France du fait des maladies vénériennes. Ainsi, dans une lettre datée du 20.11.1940, il explique que « Le plus grand danger à Paris est la présence largement répandue et incontrôlée de prostituées, qui aguichent les clients dans les bars et autres estaminets. Il est de notre devoir d’empêcher que les soldats mettent leur santé en jeu pour une aventure furtive .Notre tâche consiste à faciliter aux soldats leurs décharges pulsionnelles» ce qui est nettement plus sensé et pragmatique que d’évacuer le problème d’une boutade ou d’un air offusqué comme l’aurait fait n’importe quel chrétien.

Il confia donc au Deutsches Hygiene-Museum de Dresde la tâche de concevoir un mannequin féminin à but sexuel pour les troupes du Reich. Constituée de l’expert en matériaux synthétiques Franz Tschakert, du psychiatre Rudolf Chargheimer, de l’étudiant en sculpture Arthur Rink, du Standartenführer Joachim Mrurgowsky – hygiéniste en chef de l’ chef de l’Institut d’Hygiène, service médical de la SS – et du docteur danois Olen Hannussen, l’équipe travaillera jusqu’en janvier 1942 .

Le projet, initialement nommé « Burghild », portait le cachet de la RSD «affaire secrète du Reich» et fut élaboré dans la plus stricte confidentialité. Devenue « Borghild » en 1941, la poupée devrait être l’idéal féminin de beauté aryenne : peau d’albâtre, cheveux blonds lumineux et yeux bleus. Des études furent menées auprès du Foyer du Soldat de St Helier, afin de déterminer l’expression faciale à donner à la poupée : ainsi, elle dut avoir les cheveux courts et le visage énergique, ainsi qu’un corps athlétique, pour rester dans l’esprit combattant. L’actrice suédoise Kristina Söderbaum servira de modèle, mais le visage ainsi que la carrure donnés à « Borghild » préfigurent également l’actrice danoise contemporaine Gitte Nielsen : encore une fois, le fascisme s’affirme comme précurseur!

En Septembre 1941, la présentation d’une Borghild, réalisée en polymère, à Berlin est un succès. Un soin très particulier a été apporté tant aux expressions faciales qu’à la taille, la texture de la peau, la forme de la poitrine et l’extensibilité du vagin. Heinrich Himmler, naturellement présent, examine lui-même les ouvertures artificielles et s’en trouve tellement satisfait qu’il commande aussitôt cinquante autres exemplaires. Il fut alors question de mettre en place une structure spéciale, puisque les locaux se trouvant dans les ateliers du Musée de l’Hygiène étaient devenus insuffisants, mais le brusque aggravement de la situation sur le Front de l’Est ne permit pas de débloquer le budget nécessaire. Trois types de poupées de tailles différentes étaient prévues (Type A de 1,68m, B de 1,76m et C de 1,82m) mais au final rien ne fut concrétisé par manque d’argent, et les poupées disparurent sous les bombes au phosphore alliées déversées sur Dresde en 1945.

On l’a bien compris, la « poupée Borghild » était beaucoup plus qu’un outil prophylactique. C’était une déification statuaire du corps féminin, dont le symbolisme devait être perçu comme la transformation en objet d’une émotion forte, d’une pensée mystique – car comme tout initié, le Reichsführer savait que le sexe n’est pas profane, que c’est un outil pour élever sa conscience immortelle : le soldat allemand sur le front, risquant sa vie à chaque seconde, pouvait ainsi accéder à sa guise à la spiritualité par l’érotisme. Pour chaque homme qui avait découvert dans la révolution national-socialiste un événement métaphysique fondamental, un renversement de son Moi profond d’Allemand, Borghild, par son inaltérabilité, renvoyait à la notion d’éternité.

Contrairement aux poupées sexuelles des démocraties marchandes, cette gynoïde n’était donc en aucun cas un simple outil, mais une manifestation artistique et symbolique reconnue en tant que telle, puisque toutes les activités sexuelles possibles avec elle étaient liées à une aura artistique. En tant qu’objet d’art, elle devait participer à l’extériorisation, à la concrétisation de l’âme du IIIe Reich et son incorruptibilité chimique, donc matérielle, créer un mythe de l’éternité. Sa plastique impérissable rassemblait tous les vecteurs propres à diriger et commander la nouvelle esthétique nationale et raciale : si l’art est une manifestation divine que seuls quelques sages savent interpréter, Borghild devait permettre à chaque soldat allemand de communier charnellement avec une expression incarnée du génie créatif aryen, tant technologique qu’artistique . La volonté primordiale de l’esthétique nationale-socialiste étant de prétendre à l’éternité, Borghild avait vocation de devenir un exemple parfait de persistance esthétique à travers l’histoire.

Comme dans le dogme catholique, Borghild était l’incarnation de la mystique national-socialiste dans un corps charnel, le Saint-Esprit étant là remplacé par la technique supérieure du génie aryen allemand. Par la perfection de ses courbes, Borghild était également un mode d’anticipation de l’avenir, prenant pour cela la forme de la femme du futur, la femme fasciste ; et cette incarnation prenait tout son sens durant la copulation, car étant incarnée, Borghild devait donner du plaisir comme les autres femmes et faire ressentir l’extase éjaculatoire aux combattants tout en leur rappelant, par son physique athlétique, que la Vie est Combat. Elle était à la fois la partenaire de jeux sexuels et la grande sœur qui conseille et réconforte, pour qu’aux inévitables moments de doute et de désarroi, chaque guerrier puisse raviver son image et, songeant alors à la patrie pour laquelle il combattait, s’exclamer « Incarnata est ! »

L’esthétique Borghild dictait une éthique d’extase, une affirmation que le sexe est une des choses les plus merveilleuses que les Dieux ont placé entre leurs mains, chaque copulation devenant une affirmation de la vie, une expression d’un vouloir vivre et vaincre universel et primitif, un art dramatique à partir de soupirs et clameurs dyonisiaques, une danse païenne réveillant les forces naturelles. Ce corps jeune, inaltérable, souple et tendu vers le plaisir, réhabilitait la représentation et la pratique d’une nudité condamnée par la Bible et les Églises (protestante et catholique). A l’opposé de la douceur émolliente des madones du christianisme, les traits de Borghild exaltaient le trépas glorieux en rappelant la figure de la Walkyrie qui vient chercher le guerrier tombé au champ d’honneur. La présence omniprésente de Borghild sur le front devait, aussi, rappeler incessamment le concept que homme aryen est aussi noble que son Art, qui réalise ses rêves sur terre. Elle était, par sa musculature parfaitement dessinée, sa poitrine orgueilleuse, la confiance et le courage lisibles dans sa gestuelle comme dans l’expression ferme et résolue du visage, la femme-type de la race souhaitée par le national-socialisme, la figure emblématique qui annonçait l’avènement d’une humanité régénérée : la Soeur Aryenne.

9 réflexions sur “Le symbolisme de la gynoïde sous le Troisième Reich

  1. valdorf44 dit :

    La « poupée Borghild » n’ eut de concurrente dans aucune autre armée…

  2. Sarah Prieux dit :

    A reblogué ceci sur Sororité Aryenneet a ajouté:

  3. Svenn dit :

    Bonsoir,

    Cela fait longtemps que je voulais le dire mais je trouve votre site fantastique. C’est vraiment un éveil, cela fait du bien à consulter.

    De plus j’avais des préjugés sur les actrices porno (je les pensais bêtes à manger du foin, mais voyant l’intervention de Katsuni chez ZemmourNaulleu et dans le bouquin des frères Saint-Vincent sur le close-combat, puis lisant les grands articles sur ce magnifique site, cela à bien vite disparu).

    Je trouve cela tellement génial et grand comme projet, que je n’arrive pas à y croire.

    Avez-vous des sources s’il vous plaît ?

    (Je vous aime)

  4. N.C dit :

    Intéressant. Mais une oeuvre comme celle la, malgré qu’elle soit très bien conçue, ne pourra jamais remplacer une femme. Selon moi.

    • Certainement. Mais il s’agissait d’une création pour temps de guerre, ne l’oublions pas.

      • N.C dit :

        Certes. Mais jamais je n’aurai eu recours à sa, personnellement.

      • Je veux bien te croire, mais pense également qu’on ne peut prédire quels sentiments peuvent étreindre un combattant après plusieurs mois, voire années, en une contrée inhospitalière où il risque sa vie à tout instant dans des conditions d’un inconfort maximal et perpétuel.

      • N.C dit :

        Le seul sentiment qui peut être présent c’est la haine. Et la peur pour ceux qui la ressente, même si c’était rare pour un SS.

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