Pour la résurgence d’une figure paradigmatique : l’Héroïne

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novembre 15, 2012 par Sororité Aryenne


par Brigid Trismegiste

Que nous vivions une époque de grande aliénation morale est incontestable puisque désormais seuls de puissants intérêts économiques nous dirigent. Pour que ceux-ci puissent continuer à croître, il leur est indispensable de transformer la masse des individus en troupeau, le citoyen devenant un ovin bêlant ne réagissant qu’en fonction de la volonté et des avantages des pâtres, conditionné par le festivisme, ce mode de fonctionnement des sociétés occidentales avancées. L’ambiance “festiviste” produit une humanité fonctionnant uniquement sur le mode de la fiction médiatique, et la télévision avec ses émissions universelles brouille toutes les frontières et annonce un amalgame planétaire de promiscuité raciale et d’indifférenciation ethnique, sous le signe de l’infantilisme : avilissement et destruction de la personnalité sont à l’ordre du jour, et la passivité a gagné la plupart d’entre nous.

 Et quelles ont les réactions les plus courantes ? Qu’entend-t-on le plus souvent ? “Laisse tomber”, “c’est un mauvais moment à passer”, “c’est pas nous qui allons sau­ver le monde!”, “ailleurs c’est pire”, “on est bien comme ça”, etc… Et ceux qui tentent de réagir ? Des mots vains, quelques injures au politicien qui apparaît sur le petit écran en attendant le match de foot ou le jeu télévisé avec ses cadeaux … la voie suivie aujourd’hui par l’humanité est celle du martyr ; celui qui baisse la tête, parce qu’il a été ainsi éduqué par sa reli­gion, ses gouvernants, son école, ses parents. Mais est-ce que cela a toujours été ainsi et plus particulièrement dans nos contrées païennes ? Les plus rudimentaires connaissances historiques font savoir que la civilisation qui, à une époque, a régné sur cette terre d’Europe n’était pas fondée sur l’exemple du martyr et de l’esclave mais sur celle du héros qui, comme une flamme, se cache dans chacun d’entre nous et se transforme quand nécessaire en feu pour réchauf­fer, éclairer, brûler et se consumer.

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L’hellénisme, et la civilisation européenne en général, ne se sont pas basés sur la notion de masse, comme d’autres civilisa­tions antiques, pour bâtir le monde contemporain, mais au contraire sur celle de la personne; nos ancêtres pré-chrétiens adoraient les héros comme des Dieux. Pour eux, il n’y avait pas d’abîme insurmontable entre l’Homme et le Dieu, et chaque Cité hellène honorait certains de ses morts en tant que déités. Ainsi d’Athènes avec Thésée et Cecrops, Sparte avec Castor et Pollux -les frères jumeaux d’Hélène – et Clytemnestre, la Crête avec Minos, Thèbes avec Kadmos, la Thessalie avec Jason, l’Étolie avec Méléagre,  Corinthe avec Belléphoron. . . les héros, mythiques ou historiques, représentaient des exemples moraux et chaque Cité-État avait les siens exactement comme les saints patrons par la suite; dans des circonstances de crise, ils sortaient de leur profond sommeil et apparaissaient pour sauver leur cité chérie du danger la menaçant : ainsi de Thésée aux Athéniens avant la bataille de Marathon, et la mythologie dit que les Galates furent mis en déroute à Delphes par le fantôme de Néoptolème,  fils d’Achille.

Vivant une ère délétère de relâchement et de dégénérescence des cons­ciences, la mise en relief de ces particularités va nous procurer des armes nous permettant de lutter contre l’aliénation menaçant de toutes parts : ainsi, le premier caractère du héros est son individualité absolue. Il n’est jamais intégré dans la masse et fait fi du « Vox populi, vox dei », ne suivant les réac­tions et les désirs du vulgus pecum. Sa volonté est exclusivement la sienne et, s’il doit être influencé par une quelconque obligation morale, il le fait délibérément, conscient des limites qu’il s’impose : l’héroïsme ne se peut déployer au sein d’une société théocratique.

L’héroïsme s’oppose aux acquis : le héros aime le changement. Femmes et hommes de races blanches indo-aryennes, quelque chose dort en nous et se  réveille toujours chez les meilleurs d’entre nous. Bien qu’il contribue à l’instauration de l’ordre au sein d’une société chaotique, le héros préfère le désordre et l’incertitude car l’héroïsme tel un aiguillon refuse le compromis et secoue les fondements squameux et stagnants d’une collectivité. Tout est perpé­tuel mouvement – comme disait Héraclite « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » – et toute société figée, sans héros pour la sortir de son immobilisme est à plus ou moins long terme vouée à disparaître. C’est ce qui survint aux anciens Égyptiens : durant des millénaires ils ont construit une civilisation dont les vestiges sont encore visibles aujourd’hui, mais leur régime théocratique étouffait par son despotisme toute individualité. Qui peut citer un grand héros égyptien, quelqu’un qui (hormis certains pharaons) ait, dans une fulgurance d’individualité,  fait évoluer l’Histoire ?… Cette brillante civilisation est enterrée sous les sables de l’Histoire faute de héros, et la civilisation européenne eut subie le même sort sous le joug catholique sans Luther.

 Il faut donc se garder de confondre héros et martyr. Ce dernier vit et meurt sans se poser de questions, ne remet jamais en cause les dogmes  imposés souvent depuis l’enfance, croit aveuglé­ment et s’en remet à d’autres pour son salut, sa protection et sa sécurité alors que le héros sait pertinemment que le combat est inhérent à la nature humaine, qu’il ne peut y avoir de progrès sans les contraires – Héraclite là encore : « Sans l’espérance, on ne trouvera pas l’inespéré, qui est introuvable et inaccessible ». Il combat même s’il sait que tout est perdu d’avance car il place sa dignité et son honneur au-dessus des problèmes quoti­diens : au Moyen-Âge, on ne combattait que six mois par an – jamais l’hiver – et personne n’enfreignit jamais cette coutume; car ceux qui l’auraient fait auraient peut-être remporté une victoire, mais se seraient définitivement mis au ban d’une société qui était régie par le sentiment de l’honneur et non pas par le souci bassement matériel de l’efficacité. Le slogan « la fin justifie les moyens » n’existait pas dans la chevalerie médiévale, car pour un héros ce n’est pas ce qu’on fait de sa vie qui compte, mais la façon dont on la vit. Le ϟϟ français de la Division Charlemagne en est le dernier exemple connu. On en parlera encore dans mille ans : le Reich est éternel, car son royaume n’est plus de ce monde.

 Maintenant le plus important : les traditions euro­péennes pré-chrétiennes regorgent d’héroïnes : la Béotienne Atalante tue les 2 centaures qui avaient voulu la violer, participe à l’expédition des Argonautes et est la première à toucher le sanglier de Calydon au cours d’une chasse ; la reine Kathe initie Cuchulainn à l’art de la guerre, et celle des Iceni de Grande-Bretagne, Boudicca (Boadicée) “la victorieuse”, condui­t son armée contre l’envahisseur romain et met hors de combat de nombreuses légions.

Tacite rapporte que les femmes germaniques combattaient aux côtés de leurs hommes. Les Déesses étaient, dans l’antiquité, aussi nombreuses que les Dieux, et adorées, honorées avec la même ferveur.  Mais avec l’avènement d’un système sémite, le christianisme, étranger à l’âme européenne, la femme a été transformée en simple ob­jet sexuel et de procréation. Il importe aujourd’hui d’achever d’abattre les vestiges de cette mentalité.

L’acte sexuel, ce cadeau des Dieux, cette communion des corps et des esprits, tel un feu ardent, a été transformé par le christianisme en péché, en déprava­tion – même si quotidiennement il est utilisé pour placer toutes sortes de produits auprès de téléspectateurs décérébrés jusqu’à leur dicter des modes de comportements – la fameuse « mode ». L’Homme européen, qui était en contact permanent avec ses dieux,  eut soudain, et a toujours, besoin d’intermédiaires, de “représentants de Dieu” sur Terre auto-proclamés – hier les curés, aujourd’hui les psychiatres ou les chroniqueurs radio – sous la menace permanente d’une damnation éternelle s’il ose contester les dogmes en place, ou seulement en douter. Jusqu’au sens de la notion de héros qui a été perverti de la façon la plus lamentable qui soit, utilisée qu’elle est de nos jours pour décrire des individus – de préférence chromatodermes – vêtus comme des clowns de cirque aux couleurs des  sponsors qui les financent, souvent incapables de parler correctement la langue du pays qu’ils « représentent » et seulement aptes à placer un ballon dans un panier ou un filet. Pis encore, quelquefois c’est un taré congénital qui est présenté comme nouveau « héros » comme dans le film « Le huitième jour », ou un dégénéré biologique comme dans « Les nuits fauves » de Cyril Collard, ou la figure du truand dans ce qu’il a de plus crapuleux dès les premiers romans d’Albert Simonin en 1953.

Et aujourd’hui, qui pourrait être considéré comme héros ? Le salarié qui refuse de contribuer à s’enrichir aux dépens d’autrui sans ignorer qu’il risque de perdre son emploi, la mère abandonnée qui élève seule son enfant et affronte l’insécurité professionnelle pandémique, celui qui éteint sa télévision pour prendre un livre ou redécouvrir la musique des grands compositeurs aryens des derniers siècles… l’héroïsme d’aujourd’hui est devenu bien pâle, qui ne se reconnaît qu’à ces menus aléas de la vie quotidienne, mais pour l’instant il faut s’en contenter, puisque tout est à rebâtir. Nous, Soeurs Aryennes, nous flattons d’être de vivants exemples de l’héroïne moderne : nous passons notre temps libre à nous cultiver, puis à répandre nos idées autour de nous. Nos écrits se veulent constructifs, car trop sur le Net se réduisent à des tissus de plaintes et d’imprécations – justifiées, certes, mais stériles en soi. Souvent vilipendées, nous ne nous en inquiétons guère car sachant au plus profond de nous-même que lorsque quelques siècles auront passé, les historiens et archéologues d’alors, en présence de tant de récits contradictoires à notre sujet, douteront peut-être – comme certains de nos lecteurs – de nos existence, comme beaucoup doutent de celle de la reine Maeve, ou des Amazones, et ne verront en nous que quelque mythe solaire, ou une actualisation de celui d’Omphale. Ils se contenteront toutefois aisément de cette incertitude, car mieux initiés que les hommes d’aujourd’hui, ils sauront que l’histoire ne peut guère éterniser que des mythes – car défiant l’éternité , nous serons devenues légendaires.
 Et ne le sommes-nous pas déjà?

3 réflexions sur “Pour la résurgence d’une figure paradigmatique : l’Héroïne

  1. Emma La Luce dit :

    Bravo à vous mes soeurs. J’étais bien seule il y a encore 3 ans de cela.

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