Fascismes arabes

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novembre 23, 2012 par Sororité Aryenne


par Leyla de Aragón

Dès son accession au pouvoir en 1956, Gamal Abdel Nasser ( جمال عبد الناصر , Jamāl Abd al-Nāssir) institua une république dont la structure reproduisit les caractères de la structure politique du fascisme : le chef de l’Etat y réunit entre ses mains les différents pouvoirs, et s’il est assisté d’une direction collégiale issue de la révolution, de fait elle est contrôlée par lui. Après la disparition des assemblées législatives, les partis politiques sont dissous mais le contact avec le peuple maintenu par le biais d’un parti unique, l’Union Nationale. Les entreprise de presse sont nationalisées pour être contrôlées par le gouvernement, et au final le régime se définit comme un socialisme national autoritaire, admettant et protégeant la propriété privée mais s’opposant à l’exploitation et aux monopoles. Les trois lois successives de réforme agraire (1952, 1961, 1969), morcellant les latifundia et les distribuant aux petits propriétaires pour corriger les inégalités d’accès à la propriété foncière et réglementer fermage et métayage, seront directement inspirées des mesures prises en Allemagne nationale-socialiste par le Reichsleiter Walther Darré. L’économie sera planifiée et un mécanisme d’équipement national sera mis en place, reposant notamment sur la construction du fameux barrage d’Assouan, et aboutissant à de fort bons résultats dans la métallurgie et le textile.

La position que Nasser prit à l’égard des problèmes mondiaux fut très significative : la volonté d’indépendance nationale et la fierté raciale se synergisèrent en le sentiment de poursuivre un but n’étant réductible ni au communisme, ni au libéralisme capitaliste. La netteté et la vigueur avec lesquelles Nasser a maintenu sa ligne politique venait de ce qu’il avait logiquement conclu que pour faire échapper l’Egypte à toute forme d’exploitation capitaliste, il ne pouvait permettre au colonialisme de réaliser par la contrainte économique le protectorat qu’il ne pouvait plus imposer par l’occupation; et tout pareillement, qu’il ne pouvait devenir un des pions du communisme soviétique sur l’échiquier mondial après avoir empêché le communisme de s’installer en terre d’Egypte. Aussi ce pays accepta t-il des prêts allemands pour ses installations métallurgiques, et britanniques pour ses installations textiles, aussi bien qu’il acheta des chars d’assaut et des avions de guerre à la Yougoslavie; et pour bien montrer qu’il ne dépendait de personne et n’était l’instrument de personne, maintint les communistes egyptiens en prison alors même que le barrage d’Assouan se bâtissait avec de l’argent et des techniciens russes.

L’Egypte de Nasser, n’appartenant pas davantage au monde communiste qu’au monde démocratique, se révéla dans son essence même une véritable « Troisième Voie ». Nasser s’appuya sur l’islam mais fit emprisonner les Frères Musulmans, car il ne voulait pas d’une théocratie obscurantiste pour l’Egypte, mais d’un national-socialisme scientifique; mais il savait aussi que le Coran est bien compris des Arabes parce qu’il contient les mots que parle leur race au fond d’eux-même, c’est-à-dire recèle les éléments coercitifs seuls susceptibles de discipliner ces ethnies métissées – donc psychiquement versatiles. Tout fascisme porte en lui sa morale et son esthétique, et cette mystique fasciste, Nasser et ses compagnons la trouvèrent donc dans l’islam qui était à la fois leur passé et leur culture, c’est-à-dire pas seulement ce qu’on apprend, mais également ce qui correspond le mieux à sa nature et à ses instincts.

Rénovateur de l’Egypte et unique chef d’État arabe devenu le représentant et le guide politique et spirituel de tous les peuples arabes , Nasser fut aussi le premier chef d’État en fonction à réfuter ouvertement le mensonge de l’extermination juive par l’Allemagne en précisant, dans un entretien à Héliopolis, le 7 avril 1964, avec Gerhard Frey, directeur de la patriotique bavaroise Deutsche National-Zeitung (anciennement, avant 1964, « Deutsche Soldatenzeitung » ), et publié dans le numéro du 1er mai 1964, sous le titre : « La guerre avec Israël est inévitable » que «durant la seconde guerre mondiale nos sympathies allaient aux Allemands»

 » …personne dans notre pays, pas même l’homme le plus simple, ne prend au sérieux le mensonge de 6 millions de Juifs assassinés» (texte original de l’entrevue en anglais :  » No one, not even the simplest man in our country, takes seriously the lie about six million murdered Jews.  » )

C’est qu’après 1945 ,et plus particulièrement entre 1948 et 1952, des centaines de dignitaires et officiers supérieurs SS trouvent refuge au Caire et à Damas. Beaucoup se convertirent à l’islam, voire à l’islam radical. Non seulement ces ils jouirent d’un accueil des plus chaleureux, mais souvent furent recherchés comme conseillers des dirigeants syriens et égyptiens. Embusqués aux frontières d’Israël, ils purent ainsi continuer leur combat contre les Juifs, formulant et diffusant une propagande anti-juive intense. Les observateurs étrangers notaient avec surprise la similitude entre caricatures de la presse arabe avec celles de la presse nationale-socialiste d’avant guerre : cette similitude était due , naturellement, à l’influence culturelle des nazis qui étaient sur place, tels

– Alois Brunner (Ali Mohamed), l’un des adjoints d’Eichmann, mit en place un système d’interogatoire en Syrie
– Johann von Leers (Johann Omar Amin von Leers, 1902-1965), principal collaborateur de Goebbels, créa au Caire un Institut de Recherche sur le Sionisme.
– Leopold Gleim (an-Nasir), ancien chef de la Gestapo en Pologne, forma les cadres des services de sécurité égyptiens.
– Ludwig Heiden (al Hadj), ancien membre de l’Office central de sécurité du Reich, traduisit Mein Kampf en arabe.

Ils publièrent aussi de nouveaux traités racistes, en arabe, en allemand et en anglais : Talmudic Human Sacrifices (1962), The Danger of World Jewry for Islam (1963), Why I hate Israël (1964), Sexual Crimes of the Jews (1965). Von Leers joua un rôle majeur dans la diffusion et le financement de thèses négationnistes dans le monde.

En septembre 1953 se répandit la rumeur qu’Adolf Hitler — loué soit Son Nom — était encore vivant et caché au Brésil. Un journal du Caire demanda alors à diverses personnalités egyptiennes ce qu’elles écriraient à l’ancien Führer si la nouvelle de sa survie s’avérait fondée. Le futur président Anouar El-Sadate répondit ceci :

Je vous félicite de tout mon coeur: en dépit des apparences, c’est vous le véritable vainqueur. Vous avez réussi à semer la discorde entre Churchill, ses amis et leur allié commun, le diable (…) pour ce qui est du passé, je crois que vous avez commis quelques erreurs (…) mais nous vous pardonnons à cause de la foi inébranlable que vous avez témoigné envers votre pays et votre peuple. Vous pouvez vous enorgueillir d’être devenu immortel. Et je ne serai pas étonné qu’un jour vous reveniez en Allemagne — vous ou un nouvel Hitler

et le bon docteur Nourredine Tarraf, ministre de la Santé, cela :

Hitler est l’homme de ma vie. Le dictateur allemand s’est révélé être un leader exemplaire, consacrant toute sa vie à la réalisation d’une noble ambition. Le Führer n’a jamais vécu pour lui-même, mais pour l’Allemagne et pour le peuple allemand. J’ai toujours souhaité lui ressembler

Jusqu’au poète et essayiste Sayyid Qutb, idéologue des Frères Musulmans et l’un des principaux théoriciens de l’islamisme radical, rédigea en 1950 un texte intitulé « Notre combat contre les juifs » qui fut diffusé en Arabie Saoudite à compter des années 70 et qui comportait cet édifiant passage :

Les juifs ont recommencé à faire le mal et en conséquence Allah a dépêché contre eux d’autres de ses serviteurs, jusqu’à la période moderne. Puis Allah a envoyé Hitler pour les dominer !!!

L’un des coups d’éclat des nazis du Caire fut de mettre en échec le Pape dans son propre concile! En 1962, lors du Concile Vatican II, à l’initiative du cardinal allemand Bea, le pape Jean XXIII voulait purger la tradition chrétienne de textes anti-juifs. Mais peu avant l’ouverture du Concile, un ouvrage intitulé « Le complot contre l’Eglise », signé d’un énigmatique Maurice Pinay , parut simultanément en plusieurs langues et fut très largement diffusé dans les milieux chrétiens du monde entier. Selon l’historien ju!f Léon Poliakov, Gleim et Heiden se cachaient derrière le pseudonyme Maurice Pinay : « Ils avaient tiré de leur sac toutes les vieilles ficelles nazies : le cardinal Bea était juif, ses collègues occidentaux avaient été bernés ou corrompus, l’Église romaine était entachée de l’hérésie judaïque. Du Moyen-Orient à l’Amérique latine, nombre de prélats se laissèrent impressionner, et au Concile, les protestations et les amendements fusèrent. » Cet épisode révèle les moyens considérables dont disposait à l’époque la plate forme nazie du Caire. Et pour finir par un détail savoureux, des panzer sortis des usines du III°Reich servirent aux guerres contre Israël jusqu’en 1967 dans l’Armée Syrienne !


Car en 1958 avait été créé, par l’union de l’Égypte nassérienne et de la Syrie, une République arabe unie (RAU) (الجمهورية العربية المتحدة al jumhūrīya al-arabīya al-muttaĥida) qui n’eut qu’une existence éphémère. Le Parti Social-Nationaliste Syrien (PSNS, الحزب السوري القومي الاجتماعي, al-Hizb as-Sūrī al-Qawmī al-Ijtimā`ī) existait quant à lui depuis 1932, date à laquelle il avait été fondé à Beyrouth, et préconisait une grande nation syrienne dont la vision territoriale comprenait Liban, Syrie, Palestine, Jordanie, Irak, Koweït, Chypre, plus le Sinaï en Égypte, la Cilicie en Turquie et le Chatt-el-Arab en Iran. Ce parti laïque (http://www.ssnp.com/ ) arbore un drapeau surnommé « el-zouba’a » , la tornade :
Son fondateur Antoun Saadé écrivait dans son livre  » La genèse des Nations  » (Nouchoû al oumam) « La nation résulte non de l’origine ethnique commune, mais du processus unificateur du milieu social et physique ambiant. L’identité des Arabes ne provient pas du fait qu’ils descendraient d’un ancêtre commun, mais qu’ils ont été façonnés par le milieu géographique : le désert de l’Arabie, l’Assyrie pour la Syrie, le Maghreb… » . Il s’opposait donc au nationalisme des conceptions ba’thistes en estimant qu’une nation ne se basait pas sur une langue, une religion ou une ethnie – et même qu’une nation avait vocation à accueillir plusieurs ethnies, comme la France ou l’Allemagne – car l’identité d’un peuple était défini par l’endroit géographique dans lequel il vit. Cette importante divergence idéologique amena le Parti Social-Nationaliste Syrien à s’opposer au Parti Ba’th dans les montagnes lors de la crise civile au Liban en 1958, car en 1955 le Parti Communiste Syrien et le Parti Ba’th Syrien avaient fait interdire le P.S.N.S. en Syrie. François Duprat, qui savait de quoi il parlait puisqu’il avait traduit en français les programmes des partis ba’th, disait du P.S.N.S. « il représente la tendance la plus authentiquement fasciste du mouvement nationaliste arabe, et cela depuis sa fondation » : ce qu’était devenu le parti ba’th syrien bien avant sa dissolution de juin 2003 par décret de l’administrateur américain Paul Bremer lui donne rétrospectivement – et tristement – raison.

13 réflexions sur “Fascismes arabes

  1. valdorf44 dit :

    (…) On m’expliqua que ce village était «gouverné» par un Allemand, ancien officier SS, ancien moudjahid, naturalisé algérien et converti à l’islam. Dans la région, on le regardait comme un héros, un saint homme qui avait beaucoup fait pour le village et ses habitants. J’ai senti chez mes interlocuteurs une réelle admiration à l’évocation de son passé nazi, ce qui n’était pas pour me surprendre: la geste hitlérienne a toujours eu ses sympathisants en Algérie, comme d’ailleurs dans beaucoup de pays arabes et musulmans, et sans doute plus aujourd’hui en raison du conflit israélo-palestinien et de la guerre d’Irak.(…)

    Le Village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller

    http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=boualem%20sansal&source=web&cd=17&cad=rja&uact=8&ved=0CDoQFjAGOAo&url=http%3A%2F%2Fbibliobs.nouvelobs.com%2Fromans%2F20080109.BIB0588%2Fla-frontiere-entre-islamisme-et-nazisme-est-mince.html&ei=2FXDVPvQIYfzUrLPgKgH&usg=AFQjCNFkMBcIm1d6iNS8gAtrHaekzt5-jQ

  2. […] et combattant qui fit la grandeur de l’Occident; le contraire est aussi vrai, témoin le fascisme nassérien qui, en dépit de la présence en ses institutions de nombreux ex-dignitaires ϟϟ convertis à […]

  3. Que ces arabes sont beaux par rapport à ceux qui pullulent ici !

  4. Bgh dit :

    Sujet abordé avec brio et écrit avec talent et riches d’informations pour les gens curieux de l’histoire politique du fascisme arabe.

    Aribert Heim est aussi au nombre de ces dignitaires nazis qui ont trouvé refuge en Égypte mais bon, il est arrivé bien tardivement en comparaison à d’autres et il ne semble pas avoir contribué d’une façon ou d’une autre à la politique égyptienne. Corrigez-moi si je me trompe.

    Dieu que j’aurais aimé le partager à mes amis musulmans !😦

  5. wolf dit :

    Bravo pour cet article qui est extremement bien écrit, surtout ceci >
    «  »mais il savait aussi que le Coran est bien compris des Arabes parce qu’il contient les mots que parle leur race au fond d’eux-même, c’est-à-dire recèle les éléments coercitifs seuls susceptibles de discipliner ces ethnies métissées – donc psychiquement versatiles » »

    Cette phrase sublime aurait pu être en MK 1 ,🙂

  6. gillesdoriot dit :

    Mesdames,
    Même si je me pose toujours la même question que sur propagande info , La réponse de madame Von Asard ne répond pas à ma question.
    Ce n’est pas grave.
    En tout cas pour cet article,
    شكراً جزيلاً

    • Si elle le fait, c’est que ça ne doit pas lui poser de problèmes particuliers, j’imagine. Les autres hébergeurs n’ont pas été assez mélomanes pour comprendre ce genre de vidéos, donc nous les mettons là où nous pouvons.

  7. Si on veut comparer « Tonton pour 1000 ans » du Volksführer avec cette « Guerre inconnue » – dans la mesure où tous deux sont bâtis autour d’une canevas autobiographique – je dirai que c’est Degrelle qui a le plus tendance à l’extrapolation! Mais je pense que c’est simplement dû à son style, à sa passion des mots, à son amour de la langue française, et non pas à quelque vaine recherche de gloriole dont certains ont pu le soupçonner…

  8. kurgan69 dit :

    Leopold Gleim (an-Nasir), ancien chef de la Gestapo en Pologne, forma les cadres des services de sécurité égyptiens… >>> La réforme/refonte totale de l’armée et des forces de police étant, elles, confiées (par Gehlen ?) à Joachim Daemling et – surtout – à un certain Otto SKORZENY (bombardé conseiller militaire du général Naguib), qui – sur sa lancée et une fois sur place – formera également les premiers commandos palestiniens.
    Excellent article en tous cas ! Merci.
    Kurgan / Fiertés Européennes.

    • Merci beaucoup pour ces renseignements complémentaires ainsi que pour ton appréciation. Skorzeny est étrangement silencieux sur cet épisode dans son (excellente) autobiographie « La Guerre Inconnue »!

      • kurgan69 dit :

        Skorzeny est étrangement silencieux sur cet épisode dans son (excellente) autobiographie « La Guerre Inconnue » C’est un fait, mais bon, l’autobiographie en question est tout de même à 99% centrée sur la seconde guerre mondiale, puisque – si mes souvenirs sont bons – seules les 10 ou 12 dernières pages (sur plus de 400) sont consacrées à l’après-guerre !
        Et il faut tout de même garder à l’esprit que même s’il y parle – très brièvement – de ses rencontres avec Peron, Nasser, le roi de Jordanie ou le président d’Afrique du Sud (entre autres ) ; ça ne va jamais plus loin que le simple : « j’eus l’occasion, un jour, de boire un café avec Untel, et c’est là que – vite fait sur le gaz – il me confia que… » … ce qui prête un peu à sourire ! (On a beau s’appeler Skorzeny, on n’est pas forcément reçu « au café » par de multiples chef d’états sans être autre chose qu’un « visiteur de passage » !?!)…
        La plupart des gens avec qui il avait travaillé après guerre étant quasiment tous – non seulement vivants – mais encore « en fonction » au moment ou Skorzeny décida de rédiger ses mémoires, il est clair qu’il décida ( et c’est tout à son honneur !) de se concentrer sur son rôle de soldat pendant la guerre… et de passer sous silence ses activités « occultes » des décennies suivantes.
        Ce qui ne l’empêcha pas… néanmoins… d’en révéler un peu plus de-ci de-là, et ce faisant, de permettre à Glenn B. Infield de publier son fameux « Skorzeny – Chef des commandos de Hitler », dont la lecture peut se révéler fort passionnante pour qui s’intéresse de près au géant balafré ! ( Même si, avec Skorzeny – comme avec Degrelle ! – il est toujours difficile de démêler l’info… de l’intox ! )

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