Observations sur le livre de Serge Bilé « Quand les Noirs avaient des esclaves blancs »

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novembre 27, 2013 par Sororité Aryenne


par Brigid Trismegiste

C’est sous la dynastie des Sévères (193-235), originaires de la Tripolitaine, que l’Afrique romaine eut sa plus grande extension territoriale, laquelle se limita au Nord du continent. Avec l’arrivée des Arabes et l’islamisation se produisit l’ouverture vers le Sahara, permise par la généralisation du dromadaire parmi les tribus nomades berbères vivant dans les parties nord et centrale du désert. Ce sont elles qui guidèrent les conquérants vers le sud, vers le Bilad al-Sudan ou « pays des Noirs », et permirent l’émergence d’un commerce transsaharien organisé le long d’axes caravaniers et au départ de villes nées au sud du Sahara.

L’initiative de la création de ces premières villes, telles Tadmakka et d’Aoudaghost, fut le fait des Berbères. Fondés pour et par le commerce, les empires sahéliens qui ensuite se succéderont dans la région comprise entre l’océan Atlantique et le lac Tchad auront toujours la même priorité, à savoir la défense des carrefours sahariens et le maintien du monopole des transactions entre Sahel et Afrique du Nord. Et c’est dans cette zone de contact entre les mondes sahélien et saharien qu’apparurent les grands empires urbanisés de l’Ouest africain que furent le Ghana, le Mali et l’Empire songhaï ou empire de Gao. Ils s’y succédèrent, déplaçant leur cœur depuis le fleuve Sénégal jusqu’à l’est de la boucle du Niger, et c’est leur histoire que nous conte, de façon plaisante et imagée, le journaliste franco-ivoirien Serge Bilé dans cet ouvrage au titre légèrement racoleur :
sbil
Dans ce commerce à travers le Sahara, l’Afrique du Nord fut un pont entre le monde méditerranéen et l’Afrique noire ; en contact avec l’Afrique subsaharienne, elle en écoulait les productions en échange des articles de son artisanat et des produits de son agriculture, ainsi que de chevaux. Le fret caravanier venu du sud consistait pour sa part en or produit au Bambouk, à proximité du fleuve Sénégal, au Bouré, sur le Niger et au Lobi, sur la Volta – ces zones aurifères étaient situées loin vers le sud, bien au-delà des principales villes du Bilad al-Sudan comme Ghana ou Tombouctou – et en ambre gris, gomme arabique, peaux d’oryx (pour la fabrication des boucliers), de fennec et de léopard. Les esclaves, quant à eux, alimentaient le commerce transsaharien dans les deux sens. C’est qu’ aux X°-XI° siècles, le royaume de Ghana, fondé par les Soninké, s’imposa à la fois aux Berbères du royaume d’Aouadagost et aux ethnies noires environnantes; et là, tant le lecteur que l’historien ne peuvent que constater que le premier Empire Noir n’apparaît qu’après le contact des naturels avec la civilisation islamique!

Au XIIIe siècle, avec la naissance de l’empire du Mali, une nouvelle route apparait, toujours au départ de Sijilmassa, mais en direction du Sahara central, vers les salines de Tegharza et l’oasis de Oualata qui devenait ainsi la porte du Mali. Puis, à la fin du XIVe siècle, la ville de Tombouctou se développe ; Serge Bilé écrit :« (…)la prestigieuse université de Sankoré située dans dans la grande mosquée de la ville(Tombouctou)« (p 70) et « le niveau des enseignements dispensés à Sankoré n’avait rien à envier aux universités de Cordoue, Damas, Grenade ou du Caire »(p 71) : là encore, la vie intellectuelle paraît n’être née qu’après l’abandon des cultes animistes africains au profit de la religion coranique. « La logique formelle d’Aristote » poursuit notre sympathique essayiste « n’avait pas de secret pour ces étudiants qui maîtrisaient, outre leurs cultures africaines, les sciences grecques et les textes arabes »… pourtant il se trouve bien en peine de citer un seul Al-Fârâbî, un seul Ibn Sīnā, un seul Averroes, Noirs!

Ibn Khaldoun rapporte que le dixième empereur malien, Kanga Moussa – qui orne la couverture du livre ici commenté, d’après l' »atlas catalan » confectionné vers 1375 par le cartographe juif majorquin Abraham Cresques – dans la première moitié du XIVe siècle dynamise la vie culturelle et construit des bibliothèques. On poura donc trouver curieux d’apprendre aujourd’hui que… le royaume du Mali n’eut pas d’archives écrites! C’est, du propre aveu du site Conscience nègre, à cet historien et philosophe arabe que l’on doit la plupart des renseignements sur l’ histoire de l’Empire du Mali !!!

Au XIVe siècle, le cœur politique et économique du Sahel commence à se décaler vers l’est, le lac Tchad. Egypte et Libye remplacent alors le Maroc – et plus généralement le Maghreb – les grands axes transsahariens qui permettaient de relier Sidjilmassa à Oualata, et cette dernière à Taoudeni et à Tombouctou, s’effaçant peu à peu au profit des pistes orientales qui, par Ghat et Zaouila, conduisent en Libye. Le royaume Songhaï, qui va dominer la région de l’actuel Mali au XV° siècle, fut une création de l’ethnie éponyme commandant à des ethnies tributaires, y compris une partie des Touareg Iforas. De cette époque Serge Bilé écrit « les rois se font la guerre les uns aux autres, se capturent et se vendent aux navires portugais et aux Arabes » constate l’explorateur Diego Gomes qui sillonne l’Afrique de l’Ouest vers 1445« . Or depuis le VII° siècle l’esclavage n’était plus de mise dans  l’Europe de la Chrétienté, notamment après que la reine franque Bathilde l’ait aboli : sa reprise fut donc de l’initiative des Noirs eux-même.

Serge Bilé, parlant de l’Askia Mohamed (1443-1528) écrit qu’il « eut l’habileté de fonder son pouvoir sur l’islam » et « réorganisa la cour en donnant la prééminence aux théologiens mais aussi aux intellectuels et aux savants parmi lesquels il choisissait ses ministres » (p 101) Sa tombe témoigne effectivement d’un grand sens esthétique et architectural…
tombe de l'askia mohamed
Nous entretenant un peu plus loin de l’Askia Daoud, l’un des dernier empereurs songhaïs, notre gracieux chroniqueur relate « Chaque fois que l’Askia voulait cracher (…) l’un de ses eunuques se précipitait vers lui et lui tendait la manche de son vêtement, dans laquelle le prince crachait. Un jurisconsulte s’étonna un jour de cette curieuse pratique en demandant franchement à l’Askia s’il n’avait pas perdu la tête. je ne suis pas fou, répondit le prince en riant, mais je commande à des fous, à des impies, à des orgueilleux. C’est pour cela que je fais le fou moi-même et feins d’être possédé du démon afin de les effrayer » (p 112) . Cela confirme ce que nous pouvons constater chaque jour aux informations télévisées, à savoir que les peuples noirs n’ont pas attendu la colonisation par les Blancs pour être récurremment cyclothymiques et difficilement gouvernables. Force est de reconnaître qu’il n’y a que pendant la parenthèse coloniale que l’Afrique a connu la concorde, et que dès après les indépendances elle est retournée à sa sauvagerie atavique¹.

L’Empire songhai soumis en 1591 par la prise de Tombouctou par les Marocains, le monde économique ouest-africain bascule à la fois vers le nord-est (Égypte) ainsi que vers le sud consécutivement à l’installation portugaise sur le littoral africain. Ces empires africains n’ayant, au final, jamais été que des empires marchands, rien n’en subsistera. Serge Bilé, sans surprise engagé contre le racisme, étant de toute évidence la dernière personne que l’on pourra soupçonner de dénigrement des Africains noirs, là réside précisément tout l’intérêt de la lecture des 120 pages de son essai : c’est sous la plume de celui qui a dit : «Il est important qu’on déconstruise tous les mythes et autres stéréotypes négatifs qui paralysent les Noirs dans toutes leurs actions» que l’on apprend tout ce que j’ai souligné plus haut!

Sont deux sortes d’intelligence, l’opérative et la spéculative, et ce qui différencie l’homme de l’animal est que le second ne possède que la première. Seul l’Homme est capable de concevoir des systèmes de pensée abstraits, de se représenter des projets structurants dans une optique téléologique – ou tout du moins, certains hommes. Or en dépit de siècles de culture et de longues périodes de stabilité politique, d’une technologie avancée pour l’époque (extraction du minerai, métallurgie, médecine) et de bibliothèques fournies, le monde négro-africain n’a donné à l’humanité ni un Euclide, ni un Platon, ni un Plotin, ni un Anselme de Cantorbéry, ni un Roger Bacon, ni un Thomas d’Aquin, Noirs! Il n’existe pas la moindre doctrine philosophique ou métaphysique approfondie proprement mélanoderme!

En 1906, le gouverneur colonial français William Ponty accepte, à la demande du marabout Almamy Sonfo, de reconstruire à l’identique l’ancienne mosquée du roi Koi Komboro, souverain africain du XIII° siècle, considérée dans le monde architectural comme la réalisation majeure du style soudano-sahélien:

A la même époque, c'est-à-dire un Moyen-Âge européen décrit comme obscurantiste par la vulgate française officielle depuis 1879, nos ancêtres bâtissaient ceci :
Notre Dame de Reims
On s’excusera du peu…

¹ L’Afrique EST un pays sauvage, et sa faune est à l’image de son humanité : son équidé, le zèbre, est très difficilement domesticable, et il en va de même pour ses buffles et ses éléphants (ceux utilisés par les Romains et les Carthaginois pour leurs guerres appartenaient à une sous-espèce nord-africaine désormais éteinte appelée Loxodonta africana pharaoensis), contrairement à leurs homologues asiatiques.

4 réflexions sur “Observations sur le livre de Serge Bilé « Quand les Noirs avaient des esclaves blancs »

  1. valdorf1944 dit :

    ——————————————
    3
    Ripper2 a écrit le 9 septembre 2013 à 22 h 34 min

    Un commentaire sur Le Point.fr :

    justinien10 le 09/09/2013 à 08:46 Signaler un contenu abusif
    Exemple d’Histoire apprise en 5ème

    J’ai parcouru le livre d’Histoire-Géo d’un de mes enfants entré en 5ème. On y trouve six pages consacrées à un roi du Mali, au XIVème siècle, Kanga Mussa, qui est connu par les chroniques historiques arabes, car il passa par le Caire avec un fabuleux trésor en or, pour son pèlerinage vers la Mecque.
    (…) Mais l’article est illustré avec des photos de la mosquée de Tombouctou… Restaurée par les Français au début du XXème siècle (ce qui n’est pas précisé), construite en terre battue,

    ————————————–
    Ici :

    ….A la même époque, c’est-à-dire un Moyen-Âge européen décrit comme obscurantiste par la vulgate française officielle depuis 1879, nos ancêtres bâtissaient ceci :

    https://aryansisterhood.files.wordpress.com/2013/11/notre-dame-de-reims.jpg?w=590&h=442

    Ici :
    https://aryansisterhood.wordpress.com/2013/11/27/observations-sur-le-livre-de-serge-bile-quand-les-noirs-avaient-des-esclaves-blancs/

    Enseigné en Histoire- Géo, 5 eme !

    • Erly Edmundsen dit :

      Rectification: L’Afrique est un continent et non un pays. Les véritables sauvages de l’humanité africaine sont les instigateurs de l’apartheid en Afrique du Sud. Le reste de l’Afrique est majoritairement peuplé d’êtres humains civilisés, principalement l’Afrique de l’ouest qui est le berceau de grandes civilisations et d’inventions humaines ayant joué un rôle important dans la marche du monde. Nelson Mandela est à l’image de la vaste majorité de ses frères, c’est un homme NOBLE qui a su accorder le pardon à tous ceux qui l’avaient persécuté. Contrairement aux racistes qui sont retournés à leur sauvagerie atavique sous une forme déguisée en remplaçant l’esclavage par le racisme, il a choisi d’aller de l’avant par le biais de la réconciliation et du progrès. Par ailleurs, il existe plusieurs penseurs, philosophes et métaphysiciens mélanodermes africains qui ont mis en lumière la PHILOSOPHIE AFRICAINE ancienne et moderne: les gens bien informés sont au courant de cet état de fait. en outre nombreux sont les brillants étudiants mélanodermes d’origines diverses préparant des doctorats dans toutes les disciplines existant dans les meilleures universités du monde entier. Souvent, ils obtiennent des rendements académiques nettement supérieurs à ceux de leurs congénères leucodermes. NE VOUSDEMANDEZ PAS
      POURQUOI L’AFRIQUE EST MAINTENANT LE CONTINENT DE L’AVENIR!

      • les brillants étudiants mélanodermes d’origines diverses préparant des doctorats dans toutes les disciplines existant dans les meilleures universités du monde entier

        lesquelles universités ont toutes été fondées par des Blancs, sans quoi lesdits « brillants mélanodermes » seraient encore assis dans la poussière à graver des tablettes d’argile avec des brindilles… pour le reste tu ne fais qu’aligner des affirmations sans preuves ni fondement, te montrant bien incapable de citer un seul de ces

        penseurs, philosophes et métaphysiciens mélanodermes africains

        . La seule réalité, c’est que depuis le départ de l’homme blanc le continent africain n’arrive à rien, alors que les anciennes colonies européennes en Asie ont trouvé leur voie — preuve de la différence raciale entre mélanodermes et xanthodermes. Le seul pays qui s’en tirait honorablement était l’Afrique du Sud, depuis que les Noirs y ont le pouvoir il s’enfonce dans le chaos — ce qui justifie a posteriori l’instauration de l’apartheid.

        Ceci étant, je suis pour ma part opposée au colonialisme en Afrique, et s’il n’en tenait qu’à moi il n’y aurait plus un seul Blanc là-bas — ce qui serait logique vu qu’on expulserait également tous les Africains d’Europe — plus un grain de riz ni un cachet de pénicilline n’y serait envoyé, et les Noirs pourraient s’y épanouir tout à leur aise.

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