Vouloir imposer la tolérance par la coercition, ou le paradoxe de l’antiracisme

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décembre 14, 2013 par Julie Couronne


par Julie Couronne

La plupart des sociétés actuelles sont des juxtapositions d’un Etat, qui est une création politique intentionnelle, et d’une nation, qui est une communauté morale préexistante. Ces dernières sont des communautés partageant des croyances communes sur le « Bien » et le « Mal » qui se reflètent moins dans les lois ou les Constitutions que dans les habitudes quotidiennes et les modes de vie à l’honneur chez les individus qui la composent – en un mot, dans ce que l’on appelle la culture populaire. Ainsi que l’écrivit Nietzsche « Chaque peuple parle son langage du bien et du mal (…) Il s’est inventé le langage de ses coutumes et de ses droits » ¹

Lorsqu’un Etat s’impose à la tête d’un peuple, gouverner harmonieusement requiert un certain degré de conformité entre ses buts et les coutumes populaires, car ces dernières sont d’autant plus vivaces qu’elles ne sont souvent pas consciemment reconnues par ceux-là même qui y participent. Ainsi, si vous demandez à un Français d’aujourd’hui s’il est sexiste ou raciste, ils vous répondra « non » en toute sincérité, alors que dans son comportement quotidien il le sera très certainement à des degrés divers² – preuve qu’il est très difficile d’aller à l’encontre de la nature profonde d’un peuple.

Tout Etat qui a voulu créer un « homme nouveau » s’est trouvé confronté à ce problème. Le bon docteur Goebbels écrivit « C’est l’un des droits absolus de l’Etat de présider à la constitution de l’opinion publique » et pourtant le Führer lui-même dut reculer sur, par exemple, l’euthanasie appliquée aux déficients mentaux à cause de la réaction des milieux chrétiens allemands. Plus pragmatiques, les Etats marxistes – notamment en Afrique après les Indépendances – recoururent à l’extermination ou au déplacement ethniques : couper un peuple de ses racines géographiques aide à détruire sa culture, et dans le vide spirituel ainsi créé on peut injecter une idéologie, des moeurs nouvelles.

L' »homme nouveau » que veulent créer aujourd’hui nos démocraties libérales, le « citoyen du monde », doit voir substituées à ses valeurs cultures populaires les nouvelles « valeurs démocratiques » universelles. Autrement dit, la nation doit cesser d’être une communauté morale organique dotée de son propre « langage du bien et du mal », pour se fondre dans une humanité nouvelle dont la vertu première est la Tolérance. Or ceci est très difficile car les cultures populaires constituent un obstacle à la démocratisation sous la forme d’une résistance à la transformation de certaines valeurs traditionnelles en valeurs de « tolérance ».

L’obstacle principal est le degré de conscience nationale, ethnique et raciale d’un peuple. C’est pourquoi la Tolérance, qui est la pierre de touche des valeurs démocratiques universelles, se présente principalement sous la forme de l’Antiracisme. Pour contourner la difficulté présentée par l’inconscient collectif de la nation à laquelle la démocratie libérale veut imposer le nouveau paradigme universel, il faut qu’elle ramène celle-ci au niveau d’un simple peuple, c’est-à-dire d’une agrégat d’individus sans liens entre eux – d’où la destruction de toute structure, y compris familiale, et l’immigration la plus variée possible : quoi de mieux, pour dissoudre une nation, qu’un mélange perpétuel de gens aux moeurs et paradigmes différents? Ce n’est qu’à cette condition qu’un Etat peut formater un peuple dans la direction qu’il souhaite, en lui inculquant des habitudes, des coutumes et une culture nouvelle, en y établissant un nouveau « langage du bien et du mal ». La culture populaire n’est donc plus, dans ce cas précis, un acquis avec lequel l’Etat doit transiger pour pouvoir arriver à gouverner, mais une création politique. De nos jours, elle consiste en le remplacement des cultures nationales, qui étaient propres à chaque pays, par une culture de masse universelle à base de CD, DVD, chaînes câblées et jeux vidéos. La mondialisation traite les coutumes populaires comme l’Eglise traita autrefois les paganismes locaux : soit en les détruisant, soit en les absorbant.

Il est à noter que la promotion de la Tolérance s’accompagne d’un arsenal légal de plus en plus répressif. Dans les démocraties, depuis le début des années 60 les Codes Civil et Pénal ont quadruplé de volume – et ce n’est pas dû qu’aux développement technologiques de ces sociétés, mais à la volonté de régir le comportement et la pensée des citoyens. Ainsi des lois « anti-discriminatoires » qui réussissent le terrifiant paradoxe de vouloir imposer la tolérance et l’amour du prochain par la coercition. On ne soulignera jamais assez la caractère inhumain et contre-nature de ces lois anti-discriminatoires : la discrimination, c’est le choix, et le choix, c’est la vie! A tout moment de son existence on choisit, de lire tel livre plutôt que tel autre, de fréquenter telle personne plutôt que telle autre, d’écouter tel morceau de musique plutôt que tel autre etc… l’idéologie anti-discriminatoire, qui refuse à chacun la droit d’opérer une « distinction entre les personnes physiques en raison de leur origine, de leur sexe, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, à une race ou une religion », transposée sur le plan mental de la vie quotidienne, est une monstruosité psychologique. Elle impose d’aimer tout et tout le monde également, et mène à une uniformisation incapacitante de l’existence.

Une autre qualité démocratique libérale est le Compromis, considéré comme « valeur démocratique éminente » (source ) . Toute confrontation doit être non-violente et toujours aboutir à un moyen terme : le contraire serait anti-démocratique car il proclamerait une supériorité de la vérité d’un des protagonistes sur celle de l’autre. Dans cette logique, l’agressé doit donc reconnaître une légitimité aux raisons de l’agresseur, et céder sur certains points afin que cela ne se reproduise pas. Et pareil en cas de choc culturel : ainsi la professeur norvégienne d’anthropologie Unni Wikan déclarant que pour éviter d’être violées par les immigrés africains, les femmes européennes devaient prendre conscience qu’elles vivaient désormais dans une société multiculturelle et cesser de se vêtir à leur guise, ou sinon assumer leur part de responsabilité dans ces viols. Cette « culture du compromis » se révèle en fait être un irénisme composé d’omissions univoques et de concessions récurrentes, et aboutit nécessairement à un relativisme destructeur de repères, les notions de Bien et de Mal changeant à chaque nouvelle « rencontre avec l’étranger ».


Chaque tranche d’âge a droit à sa rééducation

On comprend mieux maintenant pourquoi la « lutte contre le racisme » est au centre des préoccupations des gouvernements des démocraties libérales. Si l’antiracisme se présente comme un outil de saccage des identités raciales et nationales, la législation anti-discriminatoire s’avère quant à elle être un instrument de destruction des psychés individuelles. En imposant une tolérance absolue, à tout, à chaque individu, il en fait un élément isolé, moralement incapable de se défendre contre toute nouveauté qu’on voudra lui imposer, et d’une souplesse de caractère telle qu’il est devenu l’instrument idéal pour la ploutocratie mondialiste. J’ai parlé plus haut des déplacement ethniques opérées par certaines dictatures pour transformer leurs peuples en « hommes nouveaux » : les démocraties libérales pratiquent une version édulcorée de cette méthode sous la forme de la « mobilité professionnelle ». L’institution la plus vitale pour transmettre les cultures, la famille, a été délibérément affaiblie pour être remplacée par l’école qui instille dans les jeunes esprits les nouvelles valeurs de tolérance et de soumission : c’est que leurs instigateurs savent bien que la démocratie libérale ne découle pas spontanément d’un certain degré d’industrialisation et de laïcisation, mais doit issir de décisions politiques affirmées en faveur de son établissement (voir exposé ). D’où un autoritarisme croissant pour forcer l’homogénéisation de l’humanité, et une exaspération grandissante face aux réaffirmations identitaires comme celle de la Golden Dawn en Grèce.

Car force est de reconnaître que le modèle d’organisation économique et social voulu par la ploutocratie n’a pas pris partout, ou pas de la même façon, par négligence ou omission délibérée d’une réalité biologique aussi incontournable que déterminante : la Race. Ainsi les pays asiatiques ont-ils adopté le capitalisme mais ont refusé l’individualisme, ce qui ne les empêche pas d’afficher de remarquables performances économiques, alors que cet individualisme est une condition sine qua non de la réussite du modèle capitaliste chez les Blancs. Quant aux pays africains, en dépit d’aides tant techniques que financières, et de changements de systèmes politiques, ils se sont révélés incapables de réaliser ce genre de système social. Il appert donc que même lorsque les différences idéologiques entre Etats s’estompent, d’inaltérables disparités raciales empêcheront toujours leur fonte dans un Etat universel et homogène. La Race continuera d’être un pôle central d’identification même si de plus en plus de nations partagent des formes d’organisation politique et économique commune, car il s’agit d’une force immanente, infrapolitique, qui agit sur l’inconscient et ne se peut éradiquer car ancrée génétiquement.

¹ De la nouvelle idole, in Ainsi parlait Zarathoustra

² On peut le remarquer dans des choix en apparence anodins, comme le choix des jouets pour ses enfants, où les parents achètent toujours en fonction du sexe de leurs rejetons : vous les verrez rarement choisir une dinette pour leur petit garçon ou une arme factice pour leurs petite fille, alors qu’ils viennent de se déclarer « non sexiste ». Plus dramatique, la réaction de beaucoup de femmes blanches lorsqu’elles viennent à côtoyer un Noir : la plupart m’ont, en privé, avoué une répugnance instinctive, mais à cause de l’intensive propagande antiraciste, culpabilisaient; certaines sont même allé jusqu’à se forcer à sortir avec un Noir, alors que tout leur être leur criait de ne pas le faire, pour se « guérir » de ce racisme qu’on leur présente comme pervers, alors qu’il n’est que la saine expression d’un Moi racial profond. C’est dire les ravages psychologiques que peut exercer cette idéologie de l’antiracisme.

3 réflexions sur “Vouloir imposer la tolérance par la coercition, ou le paradoxe de l’antiracisme

  1. valdorf44 dit :

    L’intolérance des tolérants existe, de même que la rage des modérés.
    Victor Hugo

    La tolérance ? Il y a des maisons pour ça !
    Paul Claudel

  2. valdorf44 dit :

    La parole n’est pas libre, l’on ne peut plus dire la vérité sans craindre les foudres de la loi. L’on ne peut dénoncer fortement les méfaits de l’immigration de masse et du métissage sans risquer de contrevenir à la loi Pleven, l’on ne peut émettre des doutes sur la version officielle et obligatoire de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale sans subir les foudres de la loi Fabius-Gayssot, l’on ne peut manifester devant les cliniques qui pratiquent l’infanticide de masse sans être condamné au nom de la loi Neiertz qui crée un délit d’entrave à l’IVG. L’on ne peut s’exprimer librement sur la question juive, les races, les allogènes sans craindre les lois Pleven, Perben et Lellouche. Jamais nos dirigeants n’ont autant parlé de droits, de liberté et jamais dans les faits ils n’ont été aussi réduits. Même dans l’Union soviétique qui avait dépénalisé l’avortement dès 1920 (ce fut le premier pays au monde à le faire), jamais la famille n’a été attaquée comme elle l’est aujourd’hui en Occident.

    Jérome Bourbon – RIVAROL- ( 11/ 1/ 2013 )

  3. valdorf1944 dit :

    On considère Malesherbes, comme le –père– des droits de l’ Homme. Condamné à mort à 73 ans par les sectacteurs de ces mêmes droits, ( il avait accepté de défendre Louis XVI lors de son procès), il ne put s’ empêcher de dire :
    — Qui eût cru que la tolérance, elle même aurait ses fanatiques ? —
    Par une délicate attention, les républicains au pouvoir firent raccourcir sa fille et ses deux petits enfants sous ses yeux, avant que de le guillotiner lui -même…

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