Psychanalyse de la drague

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janvier 30, 2014 par Julie Couronne


par Julie Couronne

De nos jours, le principal loisir auquel est censé s’adonner un jeune homme pubère est « la drague ». Autrefois, on disait « conter fleurette ». Mais notre époque, dans son goût infaillible pour la pire vulgarité, l’a remplacé par le mot « draguer » qui signifie « râcler les bas-fonds ». L’activité consiste, pour le jouvenceau, à tenir des propos mensongers à une jouvencelle avec laquelle il n’a d’autre intention que de copuler. Chacune des deux parties sait pertinemment à quoi s’en tenir, et en a souvent autant envie l’une que l’autre, mais au moins lors des prémices il est hors de question de le révéler. A la place le jeune homme est supposé feindre de se passionner pour la vie personnelle de la convoitée, et affecter de s’intéresser à toutes sortes d’activités culturelles pour bien montrer qu’il a une sensibilité. La jeune fille, qui n’est nullement dupe et a autant – sinon plus – envie de baiser que lui, doit bien se garder de le révéler et minauder un laps de temps raisonnable avant de céder aux avances de son galant pour – enfin! – se retrouver au lit avec lui.

Bref, un apprentissage de l’hypocrisie et une formation de caractère induisant qu’il est indispensable de mentir pour arriver à ses fins. Le garçon qui déclare carrément à la fille qu’il a tout simplement envie de baiser, c’est-à-dire qui dit la vérité, encourt le risque de se faire traiter de pervers, d’obsédé etc… ce qui est tout de même un comble dans une société qui se proclame sexuellement libérée. Pis encore, si dans un simple souci de logique une jeune femme acquiesce à cette demande sans se faire prier, elle va aussitôt récolter une réputation de « pute » – absurdement paradoxale quand on sait que ces dernières se font payer pour ça! – de la part des mâles qui, par ailleurs, se plaindront d’autres filles pour qui ils auront investi temps et argent sans arriver à leurs fins. On ne peut qu’être abasourdi par l’illogisme criant des articulations de cette occupation, la « drague », constituée exclusivement de contradictions, et pérénnisée par la sottise masculine comme démontré dans la phrase précédente. Il est d’une éclatante évidence que si les gens baisaient d’abord, et discutaient ensuite, leurs sens apaisés par un roboratif orgasme mutuel ils n’éprouveraient plus le besoin de se mentir, et que les rapports entre sexes y gagneraient en clarté et en mutuelle compréhension. Et si l’un des deux, sitôt le coït accompli, se rhabillait et partait, l’autre saurait instantanément à quoi s’en tenir et ça éviterait nombre de désillusions génératrices de chagrins d’amour et de déchirements passionnels.

Il ne faut dès lors point s’étonner que les rapports sociaux soient essentiellement basés sur le mensonge et la tromperie. Dans la mesure où les démocraties libérales sont des sociétés marchandes – marchandages constants, non seulement de produits mais de soi-même, de ses compétences, de sa dignité – cela va de pair avec leurs principales activité, la vente (qu’il sagisse de produits ou de services – mandats politiques inclus) où la mystification du client (ou de l’électeur, donc) tient une part importante. Certes, un petit pourcentage de mensonge est nécessaire à la bonne vie en société : dire tout haut ce que l’on pense des gens que l’on croise rendrait rapidement l’existence de tous invivable. Mais la falsification des sentiments et des personnalités est, dans la drague, poussée à son paroxysme, elle en constitue même l’essence. Il y a quelque chose de fondamentalement malsain dans cet édifice d’afféteries, de faux-semblants et de feint respect dont on veut faire des jeunes gens l’occupation principale. Voila la façon des démocraties libérales de les préparer à leur vie d’adulte – et comme je viens de l’expliquer ce n’est pas par hasard. Et puisqu’il ne s’agit là, finalement, que de sexe, apparaît par contrecoup comme naturelle, saine et sincère cette activité si décriée par tant de monde qu’on se demande où elle recrute ses pourtant innombrables clients : la pornographie.

C’est pourquoi nous, Soeurs Aryennes, nous revendiquons pornographes en récusant la distinction communément et arbitrairement faite entre “érotisme” et “pornographie”, et ce pour la même raison que nous désavouons celle opérée à la Renaissance entre “artiste” et “artisan” : la seconde a entraîné la dévalorisation du travail manuel comme la première mène à celle de l’acte sexuel. Nous la considérons donc comme malsaine, ignominieuse et pernicieuse dans les deux cas. Il y a plus d’indignité à vendre son âme à une entreprise commerciale qu’à disposer orgasmiquement de son corps. De même, nous nous défendons de trouver un quelconque « abaissement » dans notre nudité ou nos jeux sexuels, alors que nous en voyons un dans les génuflexions chrétienne et mahométane. C’est la sexualité qui est pour nous sacrée, car le sexe est un outil pour apaiser ses angoisses, élever sa conscience immortelle et dominer le monde. Nous avons cette garantie d’extase que la sexualité est une des choses les plus merveilleuses que la nature ont placé entre nos mains, et la pornographie est sa mise en scène ultime, une affirmation de la vie, une expression d’un vouloir vivre racial , un art dramatique à partir de soupirs et clameurs dyonisiaques, une danse païenne réveillant les forces naturelles et les soumettant au pouvoir harmonisant de la copulation.

Le sexe entre humains est un Art, et un Art majeur, qui comme la musique ou la littérature doit pouvoir être public – et se révèle, dans notre cas, didactique. Oui, didactique, car notre exemple pourrait permettre la réconciliation de ces « frères ennemis » de l’extrême-droite que sont les chrétiens et les païens! Dans son encyclique « Deus caritas est », datée du 25 décembre 2005 et rendue publique le 25 janvier 2006, le pape Benoît XVI a dit : « Regardons le monde préchrétien : comme de manière analogue dans d’autres cultures, les Grecs ont vu dans l’eros avant tout l’ivresse, le dépassement de la raison provenant d’une « folie divine » qui arrache l’homme à la finitude de son existence et qui, dans cet être bouleversé par une puissance divine, lui permet de faire l’expérience de la plus haute béatitude. (…) Dans les religions, cette attitude s’est traduite sous la forme de culte de la fertilité, auxquels appartient la prostitution sacrée qui fleurissait dans beaucoup de temples. L’eros était donc célébré comme force divine, comme communion avec le Divin. (…) et dans le temple, les prostituées, qui doivent donner l’ivresse du Divin « . Or chacun sait que le catholicisme a absorbé les rituels païens d’Europe ; dans la fellation sacrée , la prêtresse faisait librement jaillir l’énergie masculine , et le fait d’avaler ensuite le sperme – le Verbe fait chair – se retrouve par transsubstantiation dans le rituel de l’hostie chrétienne , déposée dans la bouche du fidèle et déglutie par lui. De respectables fellations prodiguées par les camarades chrétiennes aux camarades païens prendraient dès lors un aspect liturgique sous-entendant une même spiritualité en deçà des religions et des rites, celle d’une race, la nôtre – l’aspect eucharistique de l’asbsorption séminale, ainsi que la symbolique de l’élévation phallique, se trouvant en total accord avec le sermon 229 de Saint-Augustin « nous sommes nous-mêmes devenus son corps, et par sa miséricorde nous recevons de lui ce que nous sommes »; « de même que vous voyez l’unité dans ce qui s’est accompli (…) en vous aimant, en conservant une même foi, une même espérance ». Là où des divergences fidéiques empêchent le rapprochement, certaines de nos vidéos pornographiques appellent donc à un œcuménisme endoracial copulatoire purifié de toutes simagrées introductives.

23 réflexions sur “Psychanalyse de la drague

  1. A reblogué ceci sur Sororité Aryenneet a ajouté:

    • JML dit :

      Je me demande où diable vous voyez des « orgasmes » dans la pornographie. Un orgasme se caractérise par une succession très rapide de spasmes réflexes, de un seul pour un petit orgasme à 20 ou plus pour un grand orgasme. Dans la pornographie on voit une fille anorgasmique subissant un type qui bande mou, a des difficultés d’érection, et s’évertue à réussir à éjaculer, dans la plupart des cas. Une petite exception, quand même notable, pour quelques rares actrices et acteurs asiatiques, qui nous offrent parfois un ou deux spasmes non simulés.
      Il y a d’autres choses qui me chiffonnent. J’ai l’impression de voir une note reichienne, donc, d’une certaine manière matérialiste-utilitariste, dans vos écrits. J’ai été un reichien convaincu, et très actif, je dirais, de première classe. Quand vous dites « si les gens baisaient d’abord, et discutaient ensuite, etc » – chose que j’ai faite très souvent – le résultat n’est pas du tout ce que vous croyez. Le sexe ne libère pas, il attache gravement, quand la relation est « réussie », et s’imaginer le contraire peut provoquer des catastrophes. Ce serait différent si dans le monde communiste idéal reichien-gauchiste tout le monde « jouissait sans entraves », mais faut pas rêver, ça n’arrivera jamais, le sexe est inégalitaire comme tout le reste, et ce n’est pas une inégalité qui est près de s’estomper.

  2. Snapdragon dit :

    Donc , gente demoiselle julie si je vous croise dans la rue et en supposant que je vous plaise physiquement et que je vous balance direct un « tu veut baiser tes bonne tu m excite  » que répondriez vous , et même en supposant que je fasse la proposition devant témoin ?

    • Je te mettrai à mes pieds d’un regard. Et si ça ne t’est jamais arrivé, c’est tout simplement parce que tu n’as jamais rencontré une Femme comme nous – donc par manque d’expérience, tout simplement.

  3. Viriate dit :

    Ce que je ne comprends pas c’est votre vision socialiste de l’économie. Le socialisme qu’il soit marxiste, nationaliste, ou social-libéral connait toujours la même fin tragique, c’est à dire l’effondrement économique.

    Il suffit de regarder le classement des 15 pays les plus riches du monde (pib par habitant) pour s’en convaincre. Aucune prospérité à long terme ne peut se construire sur des fondements socialistes.

    Le national-capitalisme n’est-il pas l’évolution logique et rationnelle du national-socialisme ?
    Que vous pensez-vous du japon par qui allie assez bien préservation de la race et capitalisme ? (bien que la très faible natalité du japon reste le problème majeur de ce pays).

  4. jeanmonnot dit :

    « Le christanisme a renversé la hierarchie corps esprit  » a dit Nietzsche

  5. valdorf44 dit :

    « Le mépris de la vie sexuelle, toute souillure de celle-ci par l’idée d’« impureté », est un véritable crime contre la vie, le vrai péché contre la vie, le vrai péché contre le Saint-Esprit de la Vie. »

    Nietzsche in Ecce homo – Pourquoi j’écris de si bons livres §5

  6. Rémi dit :

    Pourtant la pornographie actuelle a totalement intégrée les valeurs de la société marchande.
    On y trouve le même besoin de surenchère… les éjac’ faciales finissant à la longue par lasser le public. Un peu comme le cinéma hollywoodien n’en finissant plus de se caricaturer pour mieux cacher sa décrépitude et son néant.
    Le rapport à l’autre y est assez critiquable; celle-ci (car oui c’est systématiquement la femme) considérée comme un objet et non comme un partenaire. On retrouve ce regard du « dragueur » dont vous parliez plus haut, ne concevant l’autre que comme le moyen d’atteindre son propre plaisir, le réduisant à un produit de consommation dont le seul intérêt est ce que l’on peut en tirer. Le sexe antique n’avait pas ce rapport individualiste et égoïste au plaisir.

    Pornographie, érotisme, faire l’amour ou draguer, tout cela ne sont finalement que des mots. La véritable question est comment on conçoit le sex et le rapport à l’autre pendant l’acte. Notre époque actuelle de par son individualisme égoïste et sa recherche du plaisir immédiat et constant à eu de lourdes conséquences sur notre rapport au sexe opposé en général et à l’activité sexuelle en particulier.

    • Snapdragon dit :

      « les éjac’ faciales finissant à la longue par lasser le public »
      Lol moi je ne m en lasserais jamais !

      « Le rapport à l’autre y est assez critiquable; celle-ci (car oui c’est systématiquement la femme) considérée comme un objet et non comme un partenaire. »

      Ne vous inquiétez pas , elles n osent pas l avouer mais les femmes aiment être dominés , car c la nature qui ressort de la bestialité de l homme .Et comme les femmes ont depuis toujours été attiré par les mâles les plus fort dans un intérêt reproductif , ce n est donc que leur propre instinct de conservation qui parle .

  7. valdorf44 dit :

    Mon amie de me demander
    — Et les sentiments.?..(!)

  8. valdorf44 dit :

    —Dans la mesure où les démocraties libérales sont des sociétés marchandes — le sexe devient l’ avatar du capital et sa consommation ou son usage, l’ objet d’ une économie devenue consubstantielle à sa nature, au point de se demander si l’ exercice d’un onanisme récréatif derrière un écran n’ est pas la gratuite et ultime posture du héros mâle en lutte contre le Nouvel Ordre Mondial au XXIe siècle :
    –Seule l’ascèse consumériste doit être appliquée à nos existences, car c’est la seule discipline susceptible d’affaiblir notre ennemi : les puissances d’argent menant le monde .

    http://sororite-aryenne.com/lasc%c3%a8se-du-xxi-si%c3%a8cle/

  9. Y. dit :

    Il est assez clair que séduction = mensonge, notons au passage que chez les chrétiens l’un des titres du Diable est « le séducteur ».

    Mais ça m’étonnerai que vous réussissiez à convaincre les chrétiennes d’aller sucer les païens… La frustration est l’une des bases du christianisme (mais je ne demanderai pas mieux que d’être étonné sur ce point).

    En tant que païen je ne suis pas certain du tout que ce soit une bonne chose de citer le pape ou les « saints », ne leur faisons pas tant d’honneur, il n’y a pas la moindre sagesse dans la papauté.

    • Il est toujours divertissant d’utiliser les arguments « d’en face » pour étayer nos propres positions, comme par exemple ici http://sororite-aryenne.com/synopsis-des-convergences-entre-anarchisme-nationalisme-et-fascisme/ et là : http://sororite-aryenne.com/race-et-religion/

      (…) il est dit dans la Bible “Vous observerez mes lois. Tu n’accoupleras point des bestiaux de deux races différentes; tu n’ensemenceras point ton champ de deux espèces de semences” ( Lévitique 19-19 ) et “Tu ne sèmeras point dans ta vigne diverses semences, de peur que tu ne jouisses ni du produit de ce que tu auras semé ni du produit de la vigne” ( Deutéronome 22-9 ) et encore « Le bâtard n’entrera point dans l’assemblée de l’Éternel ; même sa dixième génération n’entrera point dans l’assemblée de l’Éternel » ( Deutéronome 23-2 ) or si l’on aborde ces versets sous l’angle herméneutique, le message est on ne peut plus clair : les Races sont des créations divines, vouloir les mélanger , c’est aller à l’encontre des desseins de Dieu!

    • ça m’étonnerai que vous réussissiez à convaincre les chrétiennes d’aller sucer les païens

      De toutes façons vu leur inexpérience délibérée en matière sexuelle je crois que tu ne rateras rien!

  10. valdorf44 dit :

    —Or le Deutéronome n’est pas seulement le dernier livre de la Torah des Juifs, il est également le cinquième livre de la Bible des Chrétiens! Ce qui nous conforte une fois de plus dans notre célèbre slogan « Chaque fois que vous brûlez un Coran, brûlez une Bible avec! » : le ventre est toujours fécond d’où naquit la bête immonde du puritanisme sexuel!
    . –Car ce n’est pas un hasard si les Pères de l’Eglise les plus violent dans leurs diatribes gynophobes furent un juif – Paul de Tarse – et un métis nord-africain – Augustin d’Hippone . Les monothéismes abrahamiques sont le produit de mentalités ethno-anthropologiques qui ne se préoccupent pas de la jouissance et de l’orgasme de leurs partenaires féminines, ce qui démontre le caractère unilatéral de leur pauvre sexualité.

    1/- Chrétiens plus païens plus forts ensemble ?
    2/ -A t-on toujours le droit de brûler une bible en même temps qu’ un coran ?
    3/-Comment nommer les faveurs dont semblent jouir les milieux catho nonobstant la Pernicité de l’Eglise Catholique dans l’histoire de l’Occident ?

    • Il convient de toujours garder à l’esprit que si le but est premier dans l’intention, il est dernier dans la réalisation. Prises isolément, les étapes peuvent paraître déconcertantes si on n’a pas constamment à l’idée la finalité poursuivie.

      Imagine que tu doives étudier le lit d’une rivière qui coule de l’Est à l’Ouest. Vue d’avion, il n’y a aucun doute quant à sa direction. Mais plus tu te rapproches, plus tu constates que sa trajectoire n’est pas rectiligne mais composée de méandres, et si tu isoles une courte portion de cette rivière, elle pourra te sembler couler du Nord au Sud, ou inversement, ou même carrément à l’envers – de l’Ouest à l’Est.

      Vu l’état mental de nos concitoyens, et l’éparpillement des convictions et indignations, il est naturel que notre ligne politique puisse paraître impénétrable, confuse, et à l’occasion contradictoire, si on la mesure à l’aune de la contingence temporelle.

      • valdorf44 dit :

        Je plane et tournoie aux quatre points cardinaux
        Dans l’ essence de mille sens apte à toute cohérence
        Des haleines comme des vents veillent sur nos idéaux
        Souffle de chair blanche à l’ assaut des déshérences…

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