Le problème de l’emploi en Occident

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août 28, 2014 par Yoo Mee Shin


par Yoo Mee Shin

On a trop tendance, dans les conversations courantes, à confondre « emploi » avec « travail ». « Il n’y a pas de travail« , se lamente le chômeur λ, voulant en fait dire par là qu’il ne trouve pas d’emploi. Du travail à créer, il y en a : qui veut trouver un électricien rapidement constatera vite qu’il y a dans cette profession du « travail » à occuper! Mais il est vrai que dans l’ensemble, les secteurs primaires et secondaires – l’agriculture et l’industrie donc – ont de moins en moins besoin d’humain, ce qui explique le développement disproportionné du secteur tertiaire où les emplois deviennent de plus en plus redondants, pour ne pas dire carrément postiches.*

Le niveau de vie d’une population a toujours dépendu de la quantité de biens consommables. L’équation entre population et production est inéluctable. Mais dans des sociétés hautement mécanisées et informatisées comme les nôtres, le travail humain proprement dit ne représente plus qu’un pourcentage infime du processus de production. La richesse des pays est désormais crée par quelques cerveaux d’inventeurs, puis les machines et les ordinateurs prennent le relais pour concrétiser. De ce fait, l’emploi n’est plus guère qu’un moyen de justifier et de doser par des salaires les quantités distribuées. Il faut, pour bien apprécier la situation actuelle, comprendre que l’emploi n’est pas une fin en soi.

Un pays surpeuplé dispose d’un suremploi mais n’en devient pas prospère pour autant, si cet emploi consiste en douze heures de travail pour un salaire misérablement rémunéré. C’est la cas de sociétés dont la technique primitive impose un énorme travail à très faible rendement pour produire le strict nécessaire : ainsi le temps pas si éloigné où l’agriculture européenne manquait toujours de bras. Recourir à la régression technologique pour assurer le plein emploi n’est concevable que dans un cadre idéologique, comme en avait l’intention le ministre Walther Darré pour l’installation de colons dans les territoires de l’Occident Ouralien dans le but de réaliser le paradigme national-socialiste; on ne sait ce que cela aurait donné. Quelques années après Gandhi vit le salut, pour la population misérable de l’Inde, dans le retour au rouet. Cet instrument traditionnel des aïeules symbolisait pour lui le refus du machinisme, par conséquent une demande de bras illimités. Une décennie plus tard, la Chine communiste, pourtant théoriquement férue de progrès technique, a quelquefois opté pour des méthodes « gandhistes » : il en fut ainsi lorsque ses dirigeants, pour occuper les paysans déracinés et les chômeurs, ordonnèrent que sur tout le territoire soit reprise la fabrication du fer par des procédés médiévaux abandonnés depuis des siècles. Certes il y eut de l’emploi pour tout le monde, mais pour quel aboutissement? Beaucoup de travail pour peu de résultat, ce qui prouve que « créer de l’emploi » à tout prix, si cela suffit à occuper les masses, n’arrive pas nécessairement à les nourrir et encore moins à satisfaire leur désir de progrès.

On dit qu’un pays est en surpopulation lorsque le nombre de ses habitants est trop important par rapport à ses ressources. Cette définition est purement économique et de ce fait extrêmement dangereuse pour les pays industrialisés, car elle permet de déduire qu’ils sont en sous-population dans la mesure où leur production dépasse leurs besoins, même les plus superflus – périodiquement des agriculteurs brûlent leurs surplus, et les vide-greniers sont pleins de produits neufs invendus. Il parait donc logique, pour les dirigeants de ces sociétés occidentales, de recourir à une immigration dont la vocation est de devenir un surcroît de clientèle, plutôt que de diminuer la place et l’importance du travail dans la vie sociale. Il convient donc de substituer à sa définition économique une définition morale du concept de surpopulation, qui serait que l’homme devient un obstacle pour l’homme lorsque sa pullulation empêche le développement harmonieux de la communauté.

Cette obnubilation du travail a fini par en faire la vertu principale en Occident. Présenté comme facteur d’épanouissement par la droite et comme libérateur par la gauche – à l’exception notable des partis d’extrême-gauche jusque dans les années 80 – il a fini par devenir la seule valeur au détriment de toutes les autres : avoir une conscience nationale ou raciale est vu comme une tare, et le goût pour l’étude n’est compris que comme moyen d’obtenir un métier plus rémunérateur. D’où, tout naturellement, l’idée que le rang de travailleur prime celui de naissance, de race ou même de citoyenneté, laquelle idée aboutit tout naturellement à l’octroi du droit de vote aux immigrés. Il est terrifiant d’inanité de voir qu’au XXI° siècle, dans les états occidentaux pourtant réputés comme les plus éclairés de la planète, les dirigeants en soient encore à radoter et à remâcher des schémas périmés de « plein emploi » et « travail pour tous », et de ne pas savoir imaginer autres solutions pour « payer les retraites » que d’accroître la surpopulation dans leurs pays par le capharnaüm migratoire.

Cette obsession tâcheronne s’est étendue à toutes les couches de la société, permettant à quantité de « petits chefs » d’exercer, sous couvert de bien commun et de devoir social, leur soif de domination psychologique sur leurs semblables. Jamais depuis les concentrations d’individus nécessités par les formes modernes du travail, on n’a vu autant de souffrance mentale chez les personnes, d’autant plus insupportable et paradoxale dans une société qui fait du bonheur individuel l’idéal ultime. « Je ne suis pas philanthrope! » goguenardent et s’enorgueillissent enfin les chefs d’entreprise pour justifier l’égocentrique utilitarisme de chacune de leur décision; le seul changement qu’a subi la signification de ce terme est un indice du changement corrélatif de la réceptivité générale et de la nouvelle manière d’appréhender la vie, de lui donner un but.

L’emploi n’est donc pas créateur sui generis de richesse. Et pas davantage la durée de travail : un libraire ou un parfumeur qui ouvrira à cinq heures du matin au lieu de neuf ne gagnera pas davantage malgré ses quatre heures de travail en plus, tout simplement parce que personne n’aura l’idée d’aller acheter des livres ou des aromates dès potron-minet. Au contraire, il s’appauvrira même en gaspillant en pure perte de l’énergie lumineuse pour éclairer sa boutique. La formule « travailler plus pour gagner plus » est donc un sophisme, et un sophisme qui peut s’avérer dangereux lorsqu’il aboutit, par le développement monstrueux d’un travail incontrôlé, à une exploitation démesurée et/ou à pollution de la Nature. C’est l’avenir du genre humain qui entre là en jeu, et ses principaux ennemis sont devenus l’excès de travail et de population.

La plus récente mutation biologique subie par l’espèce humaine est une accélération foudroyante de son potentiel d’expansion numérique causée par les non moins foudroyants progrès médicaux des deux derniers siècles. Une autre est une mutation biologique virtuelle, en ce sens que chaque invention technologique a donné à l’individu l’équivalent biologique de nouveaux organes : les pattes de l’automobile, les ailes de l’avion, les oreilles du téléphone et les yeux du microscope… puis il a carrément accédé à un statut divin quand la maîtrise du feu nucléaire l’a transformé en Thor, la contraception en Vénus&Eros, puis Internet en Argus Panopte. Il va sans dire que tous ces changements, tant par leur nombre que par leur rapidité d’apparition et d’exécution, ont profondément modifié les mentalités, et que toutes les institutions politiques, économiques et juridiques sont sans cesse à réinventer. Ces bouleversements sont uniques dans l’histoire de l’humanité connue et absolument aucune solution passée n’est rééditable.

Par ailleurs, cette diminution de la mortalité sur toute la planète a une répercussion géopolitique extrêmement importante: autrefois les conquérants, même les plus sanguinaires, étaient freinés dans leur soif de massacre par le désir d’exploiter les territoires et les peuples conquis. La taux de mortalité infantile était alors tel que le vainqueur aurait mis trop de temps à remplacer la population vaincue, et il s’abstenait donc de l’exterminer. L’espèce humaine d’alors étant à croissance numérique lente, son impérialisme avait pour but de dominer et d’exploiter; celle d’aujourd’hui, à potentiel d’expansion rapide, peut se permettre d’envisager la conquête sous l’angle de la concurrence biologique et donc d’envisager supplanter les premiers occupants. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité connue, le vainqueur peut se permettre d’éliminer physiquement le vaincu et de le remplacer. Et cette conquête n’est pas nécessairement militaire, mais peut se dérouler pacifiquement par le jeu de migrations humaines. Or c’est précisément ce qui se passe en Occident dont les dirigeants stupides, mis en place par une population qui l’est tout autant sinon plus, se révèlent incapables de sortir de la logique inactuelle du tout-travail et tout-emploi et persistent à importer massivement leurs anciens colonisés pour continuer à faire tourner dans le vide un système obsolète. Ces immigrés sont dans leur immense majorité aigris et revanchards et considèrent comme un dû de prendre la place des descendants de leurs anciens colonisateurs. Et lorsqu’ils seront assez nombreux, si les Blancs n’y prennent pas garde ils se feront exterminer jusqu’au dernier.

L’humanité dans sa totalité est engagée dans un processus de mutation démographique multipliant son potentiel d’expansion qui tend à devenir infini, expansion accélérée dans un milieu qui comparativement se rétrécit: il n’existe plus la moindre terra incognita sur Terre où envoyer ces surplus de population. Mais sourdes et aveugles à ce problème, les élites occidentales ne pensent qu’à faire travailler tout le monde, et à importer dans leurs pays encore plus de travailleurs venus d’ailleurs pour entretenir le cercle vicieux production/consommation; quant aux autorités ecclésiastiques européennes elle persistent dans leur condamnation de toute contraception en Afrique et en Amérique du Sud d’où proviennent l’essentiel de cette ordurière immigration. Or seule une réduction drastique de la population peut permettre une baisse concomittente des temps de travail afin que l’humanité vive à nouveau en harmonie avec la place limitée dont elle dispose. Tout comme le gigantisme marque la fin des espèces animales, et la prolifération désordonnée des tissus annonce le cancer, le pullulement de l’humanité ainsi que la place de plus en plus exclusive qu’on veut donner au travail dans l’existence de chacun pourrait bien laisser présager, outre des catastrophes économiques ou/et écologiques, d’une terrible involution conduisant à sa régression mentale et spirituelle — phénomène encore aggravé en Amérique du Nord et en Europe par de graves perspectives de chaos racial.

* Ce ne serait que stupide si cela ne faisait pas monter le prix des produits des deux premiers secteurs de façon hallucinante: à qui veut-on faire croire qu’un minuscule bout de métal embouti en forme de dent coûte réellement 300€ dès lors qu’il termine dans une bouche sous le nom pompeux de « couronne »? C’est que, là comme ailleurs, « comme il faut que tout le monde travaille » les dirigeants occidentaux ont, au fur et à mesure que le progrès technique allégeait la tâche humaine, inventé des métiers superflus et allongé, en l’alourdissant financièrement, la chaîne qui va du fabricant au consommateur. Et plus les perfectionnements technologiques diminuent les temps de travail, plus sont inventés de toutes pièces des professions fantoches pour « garder à niveau » la quantité horaire générale de travail.

Article connexe: http://sororite-aryenne.com/dialectique-de-l%C3%A9ros-et-de-la-civilisation-lali%C3%A9nation-de-lhomme-par-le-travail/

3 réflexions sur “Le problème de l’emploi en Occident

  1. valdorf44 dit :

    L’ esclavage me semble aisément souhaitable à l’ aune de l’ avidité matérielle du vulgum pecus…
    A eux le stupre consumériste, à nous l’ ascèse joyeuse et créatrice, sous la clarté d’ Eros quelque part entre la Grèce et Sparte …

    • La « lutte contre le chômage » coûte dans les pays riches plus cher que le chômage lui-même. Alors que la production est le but dont le travail n’est qu’un moyen, on se met à produire simplement pour assurer du travail, sans se soucier de son utilité ou de la rentabilité de ses débouchés. Voilà où conduit la sacralisation du travail en tant que valeur transcendantale, et où mène de vouloir utiliser des méthodes d’antan face à une situation sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

    • Moi je suis volontaire pour être esclave sexuel de Brigid.

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