Le massacre de Verden (782) vu sous l’angle de la Race

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mars 4, 2015 par Brigid Trismegiste


par Brigid Trismegiste

Bien avant les invasions germaniques du dernier quart du VIème siècle, le péril barbare s’était fait sentir, et ce dès le règne de l’empereur romain Marc-Aurèle (161-180) : la Gaule romanisée recelait des richesses qu’elle n’avait point avant sa conquête par Jules César, et tout naturellement attisait la convoitise de peuples habitués à la guerre et à ses rapines comme mode ordinaire d’existence. En 276 déjà, de nombreuses tribus germaines pénétrèrent en masse sur les territoires gallo-romains, s’emparèrent de soixante capitales et détruisirent tout ce qui ne pouvait être emporté; les légions romaines, elles aussi composées de Barbares, se livrèrent au brigandage sur les populations qu’elles étaient censé défendre; la destruction des fermes, l’extermination de pans entiers de la population rendant la culture impossible, des famines s’ensuivirent. La Gaule ne retrouva jamais sa prospérité d’antan, pas plus matérielle que culturelle car pour résister aux futures attaques, des places-fortes durent être édifiées à la hâte avec tous les matériaux possibles, et les nobles sculptures et bas-reliefs qui faisaient la fierté des villes du Haut-Empire se retrouvèrent réduites au rôle de simple moellon… la décadence avait commencé.

Les siècles suivants, ces tribus germaniques se comportèrent d’une façon invasive différente puisqu’elles se fixèrent en différents point de l’Empire pour y rester, et adoptèrent de ce fait la culture du pays-hôte. C’est cela qui explique leur conversion au christianisme : celui-ci étant le religion officielle et exclusive de l’Empire Romain depuis 391, ces Germains le firent leur un peu de la même façon qu’un immigré d’Afrique soucieux de s’intégrer embrasse aujourd’hui la culture occidentale : avec naïveté et sans discernement, la concevant comme un tout infragmentable. Un peuple toutefois resta majoritairement réfractaire à cette transformation et continua ses pillages et ses massacres : les Saxons. Il ne s’agissait absolument pas de désaccord d’ordre théologique mais culturel : ces Germains-ci étaient fermement décidés à continuer de vivre comme ils le faisaient depuis des millénaires, c’est-à-dire entre autres en attaquant et dévastant périodiquement leur voisinage.

Si quelques tribus saxonnes participèrent aux invasions germaniques du dernier quart du VIème siècle mais à destination de l’île de Bretagne, la majorité d’entre elles demeurèrent sur le continent, approximativement dans l’actuel Schleswig-Holstein, où elles formaient encore une nation païenne au VIIIe siècle en dépit des efforts de certains de leurs ex-compatriotes devenus missionnaires — les plus célèbres étant Willibrord (657 – 738) et Saint Boniface (680 – 755), qui réussirent en revanche à évangéliser les Frisons — et continuaient gaiement leurs exactions sporadiques.

Ce ne fut jamais pour des raisons théologiques que Charlemagne imposait le christianisme aux peuplades germaniques pacifiées, mais pour un motif politique bien précis : réaliser l’unanimitas dans cet Empire Carolingien qui fut le premier empire européen, non-circummediterranéen, de l’Histoire. La paix carolingienne, différemment de la pax romana qui était une paix de soumission à un hégémon, Rome, devait être concorde et union entre les peuples et les hommes — d’où la fameuse formule : Pax-Concordia-Unanimitas-Caritas. Or la seule idéologie vivante assez universelle pour être appliquée à des nations différentes, et disposant déjà de structures éprouvées, était le catholicisme. Et dans ce monde nouveau que Charlemagne, lui-même de culture mi-barbare mi-latine, voulait instaurer, il n’y avait pas de place pour des hordes de pillards menaçant perpétuellement les frontières. Les Saxons devaient être donc mis hors d’état de continuer les nuisances qu’ils perpétraient depuis bientôt un demi-millénaire.
saxe
Leur territoire, de la Frise à l’Elbe et de la Thuringe au Jutland et à la mer du nord, étaient aux frontières orientales et septentrionales du monde franc; fidèles à leur us, les Saxons se répandaient donc régulièrement en bandes pillardes dans les zones franques, et il fallait alors les poursuivre jusque dans leurs landes et dans leurs forêts. La première campagne pour mettre définitivement fin à cet état de fait multiséculaire eut lieu en 772 et aboutit au démantèlement de leur principale forteresse, Heresburg, ainsi qu’à la destruction du plus important sanctuaire païen, l’édifice en pierre du Priesterberg et la forêt sacrée où se trouvait l’Irminsul, élément central de la cosmogonie païenne germanique. Mais la multiplicité des chefs saxons faisait qu’en avoir soumis quelques-uns ne faisait qu’exciter encore plus les autres. Il fallut vaincre les Saxons vallée par vallée, village par village, ethnie par ethnie, et dès que l’on cessait, les brigandages reprenaient. La paix ne fut définitivement signé avec leurs derniers chefs qu’en 797 par assimilation de la Saxe au Regnum Francorum, et encore le problème du Grand Nord saxon ne put-il être réglé que par la déportation : ses habitants furent installés par force dans des zones franques et leur territoire repeuplé par des Francs.
saxe
Objet récurrent d’émoi dans les milieux néo-païens, le massacre des 4500 Godhis (Chefs de clans) décapités à Verden en 782 après avoir eu le choix entre la baptême et la mort apparait dès lors, dans une époque riche en atrocités de tous styles, plus comme une péripétie guerrière entre ethnies naturellement brutales, que comme une manifestation d’intolérance religieuse. La conversion forcée des peuples païens soumis avait pour but, non de démontrer la supériorité absolue du christianisme sur leurs rites, mais leur pacification : devenus tous « frères en Jésus-Christ », les peuples germains se retrouvaient dans l’incapacité morale de se brigander mutuellement, tout en conservant par ailleurs la plupart de leurs us et coutumes. De race germanique tout comme ses adversaires, Charlemagne savait bien que seule la force et la cruauté pouvait venir à bout d’hommes tels qu’eux et lui. C’est qu’au plus profond de lui comme d’eux, en-deça de la zone du raisonnement déductif et des conventions sociales du moment, existaient des instincts d’une forme donnée, couplés avec des potentialités réactives déterminées, et se manifestant selon des formes distinctives et immédiates d’affectivité, de cognition et d’acceptations de valeurs bien précises : la Race intérieure. Tel est l’angle sous lequel, pour le bien comprendre, il convient d’appréhender cette hécatombe : celui de la race de l’âme — ici, de l’âme germanique, naturellement belliqueuse et opiniâtre, répugnant au compromis comme à la rétractation.

La christianisation, imposée après avoir été proposée par les missionaires, poursuivait donc un but beaucoup plus politique que religieux. Charlemagne, qui ne parlait même pas le latin mais le tudesque et le roman, se servit simplement des outils à sa disposition. Rappelons que presque 1200 ans plus tard, Charles Maurras s’est également fait le chantre du catholicisme romain et de son clergé au nom de la tradition et de l’efficacité, alors qu’il était plutôt agnostique et n’hésita pas à publier un très beau panégyrique d’Auguste Comte qui avait pourtant écrit « Il n’y a, au fond, de réel que l’humanité » et surtout « Tout est relatif, et cela seul est absolu » : or on sait qu’hier comme aujourd’hui, l’Eglise Catholique est toujours farouchement opposée à toute forme de relativisme. Et l’Irminsûl est resté le symbole de la noblesse franque, donc française, sous la forme stylisée de la fleur de lys :
irminsûl

5 réflexions sur “Le massacre de Verden (782) vu sous l’angle de la Race

  1. valdorf44 dit :

    Obleser rappelle la christianisation de la Germanie païenne. Sous Charlemagne, les armées franques soumettent les Saxons, encore païens, par le fer et par le feu. Psychologiquement, il s’agit, dit Obleser (p. 280) d’une soumission de l’âme germanique au “sur-moi” de la dogmatique chrétienne. Ce qui a pour corollaire une propension exagérée à la soumission chez les Allemands, devenus incapables de reconnaître leur propre, leur identité profonde, derrière le filtre de ce pesant “sur-moi”. Une reconnaissance sereine de son “cœur profond” permet à tout un chacun, aussi au niveau collectif du peuple, d’intérioriser des forces, pour bâtir ses expériences ultérieures en toute positivité.

    « Par la christianisation violente, le développement [de la personnalité populaire germanique] a subi une fracture aux lourdes conséquences, qui ne peut plus être guérie, et que ne peuvent compenser des visions comme celles de Nicolas de Flues. Par la christianisation, ce ne sont pas seulement des détails de nos mythes qui ont été perdus, mais surtout le lien direct au savoir ancien, auquel nous pouvons encore vaguement accéder, vaille que vaille, par des moyens détournés, mais que nous ne pouvons plus restituer. L’influence d’Odin et de ses actes sont évidemment des pierres constitutives de notre psyché, même si nous n’en sommes plus conscients. Il faut dès lors regretter que nous ne pouvons plus aujourd’hui les comprendre, les encadrer et les saisir, alors qu’elles nous ont insufflés des caractéristiques hautement dynamiques » (p. 294).

    Horst Obleser, Odin : Psychologischer Streifzug durch die germanische Mythologie, Stendel, Waiblingen, 1993
    http://robertsteuckers.blogspot.fr/2012/12/la-psychologie-jungienne-face-la-figure.html

  2. eduardo motta dit :

    Sarah

    Lors de l’événement, tous les raids de style militaire, politiques, religieuses conquérants Invaders. Générer des changements dans les courses. Soit du point de vue biologique, comme des courses et / ou des personnes .Ces culturelles perdent leur identité. Être dominé par la force. À savoir l à PAX. et pas de paix. En fait, l’expression ou le mot PAIX .Il utilisés avec une légèreté surprenante. Et ce est pourquoi, dans la rhétorique permanente; il est utilisé comme un référent plus politique et politiquement correct. A savoir simplement discursive. Toujours en mauvaise façon .Depuis ne est même pas un mot. Mais une condition. Un état existentiel .Et pour que cela soit possible, il doit y avoir justice. Il est dit que « la paix, est la sœur de la justice ». Par conséquent, tous ceux qui ont tenté d’imposer sont, ou ont eu tort. Une paix ou une religion est imposée.
    Cette abattage des Verdem. Comme toutes les actions militaires. Ce qu’il veut, ne garde pas l’identité des courses, mais se dégrade . mélanger avec les autres. À la fois physiquement et idéologique, religieuse philosophique, etc. Comme cela se est passé, toujours avec les conquérants. Ceux-ci sont considérés comme des cas de vainqueurs et libérateurs. Et sont donc particulièrement attrayant pour les femmes. Comme ce est arrivé en France, en Italie; avec des soldats membres de l’Union américaine .. Al cas tout est en fiscalité dégénère propres essences des peuples.

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