Les guerriers apagogiques

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mars 31, 2016 par Brigid Trismegiste


par Brigid Trismegiste

 

Le bon commandant José Castano nous inonde régulièrement d’apologétiques courriels sur de valeureux combattants pour « l’Algérie Française » afin, dit-il, de réhabiliter leur mémoire. Or il s’avère, après examen, que tous ces intrépides guerriers avaient, pendant la Seconde Guerre Mondiale, fait partie de la « résistance » ou des « forces françaises libres »! Il importe donc, pour en finir avec ces lassants panégyriques, de démontrer que ces gens n’ont eu, par leur imprévoyance intellectuelle, que ce qu’ils méritaient. Car rien n’est plus apagogique que de vouloir justifier la prééminence de l’homme blanc sur les populations colonisées d’ Afrique et d’Orient par la démonstration d’une soi-disant absurdité du racisme national-socialiste qu’ils avaient contribué à faire disparaître — et c’est pourtant ce qu’ils firent.

Le fascisme raciste n’est ni dogmatique, ni rationaliste, mais empiriste. Il possède donc cette supériorité de savoir faire la différence entre doctrine et théorie : la doctrine est sûre d’elle, fondée sur des principes voulus intangibles, même si dans son assurance d’elle-même tend parfois à se confondre avec le dogme; la théorie quant à elle est fondée sur des principes en prise avec le monde réel et se mettant à son épreuve, quitte à être remise en cause. La théorie est pratique et opérative, la doctrine est abstraite et spéculative. La première convient, par exemple, à l’économie ou à la guerre; la seconde, à la vie de l’esprit, à la sauvegarde de la race.

Si tous ces anciens résistants avaient, dans ces années de troubles anticoloniaux, appliqué un processus mental similaire, la race blanche n’en serait pas où elle en est maintenant. Lorsqu’Américains et Français abrogèrent en Allemagne vaincue les lois raciales promulguées en 1935, ils condamnèrent moralement le statut qu’ils imposaient, les premiers à leurs Noirs et les seconds aux musulmans d’Algérie. Dès lors le processus anti-hégémonique de la race blanche dans le monde était enclenché, et les plaçait tous dans des situations éthiquement inextricables. C’est eux-même qui jetèrent à bas l’édifice socio-culturel qui assurait la prééminence de l’homme blanc. Empêtrés dans leurs contradictions, nos « résistants », qu’ils soient de la première heure ou de la dernière, gaullistes opportunistes ou patriotes abusés, transfuges de l’Ecole d’Uriage ou rescapés de Mers-El-Kébir, ne pouvaient plus se sortir de la situation où ils s’étaient mis. La seule solution eut alors été — mais aucun n’eut le courage intellectuel d’y recourir — d’admettre que dix ans plus tôt on avait été un peu vite en besogne, et sans jeter aux orties la croix de Lorraine pour arborer celle, en fer, de la Division Charlemagne, jeter un regard apaisé sur la doctrine nationale-socialiste pour subtilement en retirer ce qu’il y avait de valable afin de rétablir l’ordre racial menacé.

En lieu et place de quoi des « résistants » décorés, vainqueurs du racisme « nazi » et contempteurs de la Gestapo, appliquèrent dix ans après les mêmes méthodes à ces autres « résistants », les maghrébins d’Algérie, mais nécessairement, forcément, de façon honteuse et dissimulée! Et dans les décennies qui suivirent, c’est à cause de leur rigidité intellectuelle que plus personne à propos de l’invasion migratoire consécutive aux indépendances des anciennes colonies, ne put ni n’osa dénoncer la véritable raison du refus viscéral qu’en ont les Français : le motif racial. On invoqua d’abord la justification économique, ensuite l’incompatibilité culturelle, mais depuis la funeste action des « trois grands » en 1945, notre pitoyable droite française est toujours obligé de mentir et de biaiser, de recourir au faux-semblant à l’argutie. Nous, racistes? Jamais! Tel est, en France, l’héritage doctrinal du gaullisme…

appel du

On comprendra mieux pourquoi nous ne donnerons pas tort à De Gaulle, embourbé dans la situation qu’il avait lui-même créé, lorsqu’il décida se de débarrasser de l’Algérie. Car les tenants de sa conservation nous aurait précipité dans un mixage racial des plus immondes, étant donné qu’il était devenu « éthiquement » impossible d’appliquer la seule solution qui aurait pu sauvergarder la race blanche : établir, comme en Afrique du Sud, un système d’apartheid qui aurait légalement institutionnalisé la pratique jusque-là empirique de la ségrégation raciale — saine mentalité que les communistes et francs-maçons, plus puissants que jamais là aussi par la faute de De Gaulle, se seraient sinon employés à pervertir jusqu’à dissolution puisque le « Général » les avait laissé s’emparer de l’Education Nationale.

Le petit-fils de rabbin Michel Debré voyait dans la fusion avec le peuple algérien une façon de remédier à la baisse de natalité en France métropolitaine. Impressionné par la démographie galopante de l’Algérie française depuis que les colonisateurs y avaient apporté l’hygiène et la médecine européenne, il prétendait qu’ainsi la France deviendrait la plus grande puissance démographique de l’Europe; mais il était en réalité, comme tout juif, un métisseur d’aryen, puisque nommé député de La Réunion après l’indépendance algérienne, il fit venir en France des enfants chromatodermes pour les y faire adopter par des familles campagnardes blanches¹.

Nommé gouverneur général de l’Algérie au début de la guerre par le juif Pierre Mendès France, le protestant et ethnologue Jacques Soustelle exposa le 18 décembre 1961 lors d’une conférence de presse clandestine son accord avec les objectifs de l’OAS et son action en faveur du maintien de l’Algérie au sein de la République française, mais la méthode préconisée était l’intégration des Algériens musulmans à la citoyenneté française. Dans les deux cas on voit bien que le maintien de l’Algérie Française aurait abouti à un chaos racial beaucoup plus rapide qu’avec l’actuelle immigration : en une décade seulement, on serait passé de l’Algérie française à la France algérienne.

A partir de Pompidou la « droite » se fit exclusivement affairiste, ne s’intéressant plus qu’à l’argent : elle tua la France de Mauriac comme les gaullistes avaient tué celle de Maurras. La culture, les médias, furent laissés aux mains de la « gauche ». On connaît la suite : le bannissement raciste de centaines de milliers d’européens par les maghrébins d’Algérie est depuis lors présentée comme un acte patriotique légitime, mais l’expulsion de France d’un parasite chromatoderme est une « atteinte aux droits de l’homme » xénophobe; et les héros d’hier, médaillés de la Résistance mais — hélas pour eux! — également des guerres d’Indochine et d’Algérie, sont des bourreaux colonialistes. Nous ne les plaignons pas : en 1944 De Gaulle avait déclaré « Je vais redonner la République à la France et il n’y a aucune raison que je ne lui redonne pas aussi les francs-maçons« , laissé rétablir le décret-loi antiraciste Marchandeau², et le 13 Novembre 1945 son gouvernement comportait cinq ministres communistes ( les ci-devant Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon). Ils savaient donc parfaitement à quoi s’attendre de la part de leur idole.

au dela du bien et du mal

Renié pour cela par son catholique de père, le lieutenant-colonel thomiste Bastien-Thiry expliquait son attentat contre De Gaulle de la manière suivante : « le Maréchal Rommel, le Lieutenant Colonel Von Stauffenberg (…) ont dû être soulevés au plus profond d’eux-mêmes par l’horreur des camps de concentration nazis, comme nous l’avons été par l’horreur des camps de détention qui existent aujourd’hui en Algérie avec la complicité du pouvoir de fait (…) ces officiers ont dû aussi être douloureusement frappés par le génocide hitlérien des juifs, comme nous le sommes par le génocide gaulliste des français musulmans (…) Ces officiers, après avoir été condamnés par un tribunal d’exception, sont maintenant honorés en Allemagne par leurs concitoyens et par les autorités morales et politiques. Ceci nous a été un encouragement dans notre action. (…) Les multiples messages et discours à la télévision de l’actuel chef de l’état sont analogues et ont les mêmes buts que les harangues radiodiffusées de Hitler ou que les discours des dictateurs fascistes s’adressant aux foules depuis leur balcon (…) Nous ne sommes ni des fascistes ni des factieux mais des français nationaux, français de souche ou français de cœur«  Là aussi le message est clair : le reproche fait à De Gaulle est d’agir comme Hitler, les opposants à l’hitlérisme sont cités en exemple, et on peut être français sans considération raciale³.

En refusant de faire allégeance au Maréchal Pétain et en lui préférant le déserteur De Gaulle, complice des assassins des marins français de Mers-el-Kébir, ces futurs défenseurs de l' »Empire Français » se montrèrent de la même inconséquence que ces Français d’aujourd’hui qui se ruent dans les grands magasins ouverts les dimanches et jours fériés, pour l’année suivante s’indigner de ce que leurs patrons veuillent les faire travailler aux mêmes périodes. Les apagogues d’hier sont les réprouvés d’aujourd’hui, et nous ne les plaignons pas, réservant notre compassion aux anciens de la LVF et de la Division Charlemagne.

LVF_SS_1943

¹ http://www.slate.fr/story/81217/pupilles-reunion-creuse
² Aboli par le Maréchal le 27 août 1940
³ On peut lire, dans le roman « Les Nostalgiques » de Saint-Loup, quelques idées du général Salan, chef de l’O.A.S. sur la question raciale :

Saint-Loup Les Nostalgiques

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