Athéisme d’Etat : antécédents et perspectives

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juin 3, 2016 par Carole Ravereaud


par Carole Ravereaud

 

La religiosité étant perçue en elle-même comme un gage de bonté, ses pratiquants s’autorisent inconsciemment un plus grand égoïsme au quotidien : la religiosité traditionnelle étant associée à des dons charitables obligés et balisés, mais pas avec une aide offerte dans des situations spontanées, elle se révélait incompatible avec le principe communiste de solidarité. Les pays communistes firent donc de l’athéisme l’un des fondements de leur idéologie. C’est un des aspects positif du communisme et, à l’heure où les dons faits par les chrétiens à leurs églises va plus aux étrangers altercontinentaux qu’aux Français pauvres, il importe d’étudier les modalités de mise en oeuvre et les possibilités d’application d’un athéisme social-raciste.

 

Lors de la Révolution Mexicaine, cinq articles de la Constitution mexicaine de 1917 furent particulièrement destinés à réduire l’influence de l’Église Catholique dans le pays :

– L’article 3 imposant la sécularisation de l’enseignement ;
– L’article 5 interdisant les ordres monastiques.
– L’article 24 prohibant l’exercice du culte en dehors des églises ;
– L’article 27 restreignant le droit à la propriété des organisations religieuses ;
– L’article 130 interdisant aux prêtres de porter leurs habits religieux, leur retirant le droit de vote et proscrivant tout commentaire de leur part sur les affaires publiques dans les organes de presse.

guerre des cristerosElu en 1924, le président Plutarco Elías Calles fut appliquer strictement les mesures anticléricales sur l’ensemble du territoire et les renforça en faisant voter d’autres lois de laïcisation : en 1926, loi pour la Réforme du Code pénal prévoyant des peines spécifiques pour les prêtres et les religieux qui contreviendraient aux articles de la Constitution de 1917 ci-dessus : par exemple, le port de l’habit clérical était puni d’une amende de 500 pesos, et un prêtre critiquant le gouvernement encourrait cinq ans de prison. De ce fait, beaucoup de religieux furent tués ou fuirent le Mexique : sur 4 500 prêtres opérant avant la Révolution, seuls 334 servaient encore officiellement en 1934, et en 1935, dix-sept États ne comptaient plus le moindre religieux.

 

En Russie communiste, l’athéisme marxiste-léniniste fut une composante de la pensée philosophique marxiste-léniniste qui refusait toutes les religions en réclamant la mise en place d’un matérialisme scientifique basé sur les lois naturelles. Les premières mesures visant à délivrer l’esprit du peuple russe de l’emprise psychique de l’Eglise Orthodoxe russe commencèrent avec la révolution de février 1917, donc avant même l’arrivée des bolcheviques au pouvoir. Les actions anticléricales les plus significatives du gouvernement temporaire furent la suppression du pouvoir canonique des évêques dans leurs diocèses, puisque le pouvoir de l’église se transmettait par les conseils diocésains, et la confiscation de toutes les écoles de paroisse de l’Eglise russe orthodoxe.

Après la révolution d’Octobre, l’un des premiers décrets du pouvoir soviétique fut celui du 20 janvier 1918 entérinant la séparation d’entre l’Eglise et l’Etat et confisquant à l’Eglise ses capitaux, terres et bâtiments. Les rejaillissements de ce décret furent la fermeture des institutions « spirituelles » pédagogiques, donc des écoles diocésaines, l’activité religieuse éditoriale et naturellement l’interdiction de l’enseignement du catéchisme à l’école.

Une lettre de Lénine du 19 mars 1922 donne les conseils suivants « la confiscation des objets précieux, surtout dans les laures, les monastères et les églises les plus riches, doit être opérée sans pitié, avec une fermeté sans faille et intraitable, et dans un délai le plus court possible. Plus nous pourrons exécuter de représentants de la bourgeoisie réactionnaire et de prêtres réactionnaires à cette occasion, mieux ce sera » . Et le 14 février 1919 fut publiée la décision du Commissaire du Peuple de disséquer les reliques de saints : cette procédure, qui démontra au bon peuple que la religion n’était que superstition puisque nul éclair ne sortait des cieux pour frapper les profanateurs, dura les années suivantes.

Dans la deuxième moitié de l’année 1921, la Russie subit la disette, à tel point qu’en mai 1922, dans 34 provinces de Russie, environ 20 millions de personnes souffraient de la faim. En février 1922, un décret gouvernemental sur la confiscation des biens d’église fut publié. Or malgré la famine, cette confiscation rencontra une résistance farouche parmi le peuple : pour la seule période de 1922-23, on enregistra 1414 affrontements entre les autorités et les fidèles! Lénine prit conscience de la ténacité du poison judéo-chrétien dans l’inconscient collectif des Russes et et déduisit la nécessité d’intensifier la déchristianisation complète du pays . Le gouvernement soviétique accorda alors une attention plus particulière encore au travail de propagande antireligieuse. L’histoirien Yemelyan Yaroslavsky (Емельян Ярославский) fut chargé de ce travail doctrinal : en 1921, il participe activement à la création du journal appelé « Athée », Couverture du magazine Bezbojnik de 1929 publié par la Ligue des Militants Athéesqui tournait en dérision le sentiment religieux. La « Société des amis du journal athée » fut fondée sur son initiative en 1924 à Moscou — rebaptisée « Union des Athées » en 1925, puis, quelque temps plus tard « Union des Athées militants ». Les salariés des instituions et entreprises de l’Union des Athées reçurent le statut de fonctionnaires, et sur leur demande, les croyants sont exclus de la direction des fermes en 1929.

En 1928 fut mise en place une éducation entièrement anti-religieuse dès le premier niveau d’étude. En 1929, une conférence de l’Agitprop décida d’intensifier le travail anti-religieux dans tout le système éducatif. Cela conduisit à la mise en place de sections anti-religieuses dans l’enseignement supérieur et dans la recherche. Une faculté anti-religieuse fut créée à l’Institut des professeurs rouges en 1929. Fut également créée, sur l’initiative de Yaroslavski , l’Association des Jeunes Athées Militants de l’URSS, qui la même comptait plus d’un million de membres!

En 1930, le XVIe congrès du Parti mentionna son devoir d’aider à « l’émancipation des masses de l’influence réactionnaire de la religion », appela les syndicats à « organiser correctement et à renforcer la propagande anti-religieuse » et adopta une résolution interdisant aux églises de recevoir des dons.

Mais traiter une maladie implique avant tout l’éradication des agents infectieux, sans quoi elle revient toujours. Le 15 mai 1932 fut donc adopté, avec pour slogan : « Plus de Dieu en 1937 ! », un plan quinquennal d’éradication complète de la religion :

1) Fermeture des écoles religieuses, premières mesurespour fermer les églises de la capitale

2) Renvoi des personnes qui ont une religion des entreprises et des bureaux d’État, prohibition de la littérature religieuse, édition de films antireligieux à destination surtout des écoles

3) Renforcement de l’activité des Athées et chasse aux ecclésiastiques qui refusent de nier leur religion

4) Transformation de tous les établissements religieux par le soviet local en lieu à passer son temps intelligemment

5) Renforcement de la lutte antireligieuse, au 1er mai 1937, la notion même de Dieu devant être effacée de l’esprit populaire.

C’est dans cette optique que les persécutions qui accablèrent l’Eglise orthodoxe russe à la fin des années trente furent exceptionnelles par leur envergure et exemplaires par leur efficacité : en 1937, 136 900 prêtres orthodoxes arrêtés dont 85 300 exécutés, y compris le métropolite Pierre, locum tenens du patriarche, après 8 ans de détention solitaire ; en 1938, 28 300 arrêtés dont 21 500 fusillés; en 1939, 1500 arrêtés dont 900 passés par les armes. En 1940, 5100 arrêtés dont 1100 exécutés; en 1941, 4000 arrêtés, dont 1900 fusillés; de 25 000 églises en Russie soviétique, il n’en restait que 1277.

1744 églises se retrouvèrent sur le territoire de l’Union Soviétique après l’annexion des territoires de l’Ukraine de l’Ouest, de la Biélorussie et de la Baltique. Pendant la Seconde Guerre Mondiale guerre le processus d’athéisation fut mis en pause : un clergé officiel fut autorisé et la charge de métropolite, abolie depuis 1925, rétablie, tandis que les musulmans recevaient quatre Directions spirituelles, autorisées à former des mollahs et à publier régulièrement des fatwas. Mais il reprit aussitôt après la fin des combats, cette fois étendu à l’ensemble des Républiques Soviétiques, se doublant pour les états le plus au Sud d’un combat contre l’islam : ainsi en Albanie l’exercice de toute religion fut sévèrement réprimé, tout symbole religieux proscrit, les monuments religieux détruits ou volontairement transformés. En Lettonie, les organisations religieuses furent expropriées et en plus de la séparation de l’Église et de l’État, fut également et au même titre une séparation stricte entre l’école et l’Église. Partout l’athéisme fit partie de l’idéologie officielle, à l’exception de la Pologne où le gouvernement communiste dut composer avec une Eglise trop présente dans la société.

L’islam ne fut pas oublié : de 20 000 mosquées en Asie centrale en 1917, on passa à moins de 4 000 en 1929, et en 1935 il en restait seulement moins de 60 en Ouzbékistan, pays concentrant la moitié de la population musulmane d’Asie centrale. Les religieux musulmans rencontrant la même persécution financière que le clergé chrétien, et étant aussi incapables de subvenir à leurs besoins dès lors qu’ils ne pouvaient plus abuser le peuple de leurs fariboles, il y eut une diminution massive du nombre d’imams ou mollahs; nombre d’entre eux furent aussi arrêtés ou exécutés pendant les purges staliniennes.

Dans cette société athéisée, les traditions religieuses furent remplacées par des rites civils jalonnant la vie du citoyen soviétique de sa naissance à son décès : mariage, 1er jour d’école, réception du passeport à 16 ans, début du 1er emploi, plus les célébrations soviétiques comme la Révolution de 1917, l’anniversaire de Lénine, le 1er mai, la journée internationale de la femme ou le jour de la Constitution; parallèlement, du 1er janvier 1947 au 1er juin 1948, 679 prêtres orthodoxes furent arrêtés pour activité subversive; selon le rapport du Goulag, au 1er octobre 1949, il y avait 3 523 prêtres dans l’ensemble des camps; au 1er janvier 1952, on comptait 13 786 églises, dont 120 n’étaient pas en activité puisqu’elles étaient utilisées comme grenier à blé; l’athéisme était obligatoire dans les écoles : « l’un des buts pédagogiques de cette école est l’athéisme de la jeunesse, le rejet des idées religieuses et l’acceptation de l’explication scientifique du monde », dira le Ministre de l’éducation en 1964.

À partir de 1955, sur ordre de Krouchtchev l’athéisme devint objet d’étude scientifique en Union soviétique aux côtés des autres faits religieux , sous la définition de « science qui a pour objet l’histoire et les lois de l’élimination par l’homme des conceptions imaginaires et religieuses du monde ; en même temps que de la foi en Dieu et en un monde de l’au-delà ; l’athéisme montre les voies et les moyens de libérer l’esprit humain des illusions encouragées par la religion ». Furent crées des départements d’athéisme scientifique dans les universités du bloc avec des résultats encourageants : au 1er janvier 1966, l’Eglise orthodoxe russe n’avait plus que 7523 églises et 16 monastères; en 1971, le nombre de paroisses se réduisit à 7274. En 1967, l’Eglise orthodoxe russe avait 6694 prêtres et 653 diacres; en 1971, elle ne comptait plus que 6234 prêtres et 618 diacres. Les centaines d’évêques, les dizaines de milliers de prêtres et les centaines de milliers de laïcs qui avaient été exécutés constituèrent pour le judéo-christianisme une perte irréparable. Les conséquences de ces persécutions se font sentir encore aujourd’hui : l’exécution de cette quantité de religieux modifia en profondeur la psyché des peuples d’URSS.

 

En Chine communiste, l’athéisation prit une tournure nettement racialiste : quoique revendiquant un athéisme d’État, la Constitution de la République Populaire de Chine précise dans son article 36 « Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de religion. Aucun organisme d’État ni aucun groupement social ni aucun individu ne peuvent forcer un citoyen à avoir ou à ne pas avoir de religion, ni faire de discrimination à l’égard d’un croyant ou d’un non-croyant. L’État protège les pratiques religieuses ordinaires. Aucun individu ne peut utiliser la religion aux fins de troubler l’ordre social, la santé des citoyens, nuire au système éducatif de l’État. Les groupements religieux et les affaires religieuses ne doivent subir aucune domination étrangère » mais dès l’arrivée au pouvoir de Mao Zedong fut procédé à l’expulsion de tous les missionnaires étrangers.

 

Le pays communiste le plus exemplaire en la matière fut l’Albanie, où trois religions co-existaient : catholiques, orthodoxes et musulmans. L’athéisation s’y fit en deux temps, au fil des deux Constitutions Communistes que connurent ce pays. La première Constitution de 1946 maintint la liberté de conscience, mais sépara l’Église de l’État; celle de 1976 fut plus radicale car résultant de la révolution culturelle de 1968 durant laquelle des églises et des mosquées furent détruites et leurs statuts légaux progressivement abolis. Joseph Stalin et Enver HoxhaEven Hoxha, leader du Parti communiste albanais, déclara dans un discours que des efforts devaient commencer pour une éducation culturelle contre les croyances religieuses et demanda à l’organisation des Jeunesses Communistes de s’en charger. Son efficacité fut foudroyante : moins de trois moins après, toutes les institutions religieuses furent forcées de fermer, la plupart d’entre elles détruites, les autres transformées en centres culturels de la jeunesse. La nouvelle constitution arriva ainsi comme point culminant, son préambule déclarant les bases de l’obscurantisme religieux désormais détruites. L’État Albanais ne reconnaissait plus aucune religion et interdisait l’établissement d’organisations religieuses , se considérant ainsi comme le premier État complètement athée du monde.

 

A l’heure où islam et christianisme oeuvrent ce concert pour submerger d’Europe de chromatodermes, les méthodes d’athéisation d’un peuple doivent retenir toute l’attention de chaque fasciste raciste authentique. Certes furent commis des excès qui ne doivent plus l’être : ainsi de la destruction ordonnée par Staline en 1931 de la Cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, Cathédrale du Christ Sauveur à Moscoucar au-delà de son symbolisme religieux elle était un élément artistique du patrimoine historique russe, puisqu’édifiée en mémoire de la victoire de la Russie sur la Grande Armée de Napoléon en 1812. Ce serait aussi aberrant que de démolir Notre-Dame de Paris! Ces édifices doivent simplement voir modifié le sens de leur sacralisation, par l’arrachage ou l’érasement de tout signe religieux et leur remplacement par la Roue Solaire , ainsi que par la réfection des vitraux qui au lieux de montrer des affabulateurs sémites exposeront de grands artistes et hommes d’état aryens. Ainsi les lieux des cultes monothéistes judéogènes deviendront-ils des Temples de la Race.

 

Que le communisme échoua ne doit pas être pris en compte car ce fut pour d’autres raisons. Ce qui importe, c’est d’extraire des expériences communistes leurs aspects positifs, comme tout fasciste raciste le fait avec les expériences fascistes et nationales-socialistes, et de voir si on peut structurer tous ces aspects en un tout cohérent. Prendre certaines thèses de la pensée révolutionnaire de gauche et envisager d’en faire une synthèse avec la pensée révolutionnaire de droite a été fait dès 1969 par un disciple d’Evola : Franco « Giorgio » Freda, fondateur des “Edizioni di Ar”, qui organisa en mars 1969 à Padoue, en liaison avec le groupe maoïste Comitato Comunista per il Potere Operaio, la première grande réunion en Italie de soutien à la résistance palestinienne dans le cadre de la lutte antisioniste. Il y gagnera le sobriquet de « nazimaoïste » après celui d' »évolien de gauche »; et là encore, peu importe que le choix projectif ait été discutable, car ce qui compte, c’est le concept : unir, par l’Idée et pour le Combat, les forces anti-capitalistes et anti-immigrationnistes — puisque l’un de ces maux découle de l’autre et que tous deux se renforcent mutuellement — contre le mysticisme universaliste, la pensée magique primitive, la superstition archaïsante et la bêtification pontificale.

5 réflexions sur “Athéisme d’Etat : antécédents et perspectives

  1. lordsnapdragon dit :

    Les communistes avaient même interdit de jouer de la guimbarde car c était utilisé par les shamans pour la méditation .J m y suis mi à la guimbarde et ça détend autant que de faire OMMMMM lol mais rien de mystique car c est prouvé que cela déclenche la production de dopamine dans le cerveau .Vous n allez pas interdire la guimbarde au moins ?

    Date: Fri, 3 Jun 2016 08:41:56 +0000
    To: jjk9@hotmail.fr

  2. Snapdragon dit :

    Et oui ce n est pas facile , la religion s est tellement incrusté que simplement l éliminer ne suffit pas , il faut la remplacer .Remplacer l amour à un dieu par un amour de sa race .
    Et l on peut se servir du folklore nordique celtique romain grecque pour l habiller .

    • Non il faut inventer quelque chose de totalement nouveau, à bases scientifiques : on ne va pas revenir au prélogisme!

      • ok oui . Mais je parle de l habillage de l ensemble au niveau esthétique .
        Je préférerais avoir à écouter les prêches scientifiques de la prêtresse habillé en tunique romaine plutôt quand blouse blanche l éprouvette à la main .
        Quoi que … avec ses lunettes et sa queue de cheval pour des travaux « très » pratiques …
        Bon y a vos uniformes qui sont pas mal … mais on va pas tous vivre en uniforme ?!

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