Un grand Français : Paul Bert (1833-1886)

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janvier 16, 2017 par Angela Sprang


par Angela Sprang

paul_bertOn savait déjà, par l’exemple du Président Salazar, que la république en tant que forme d’organisation sociale n’est pas forcément dissolvante du concept de nation. Être républicain n’implique donc pas inéluctablement qu’on délivre un message corrupteur, ou qu’on ait une action destructrice, de l’idée nationale. Ainsi de Paul Bert, libre-penseur et radical de gauche, cofondateur de l' »école gratuite, laïque et obligatoire » et Ministre de l’Instruction Publique de 1881 à 1882, déclarant « Il faut une religion pour le peuple! Il faut une foi commune pour le peuple sans quoi il ne serait qu’une agrégation d’hommes juxtaposés par des intérêts communs (…) c’est cette religion de la Patrie, c’est ce culte et cet amour à la fois ardent et raisonné dont nous voulons pénétrer le cœur et l’esprit de l’enfant, dont nous voulons l’imprégner jusqu’aux moelles ; c’est ce que fera l’enseignement civique »

Dès son entrée dans la vie politique, en 1870, l’action de Paul Bert fut donc centrée sur les questions de l’enseignement. Pour lui, la défense de la Patrie et de la République passant nécessairement par l’éducation de la jeunesse française, sa volonté de soustraire la jeunesse à la tutelle du clergé, de créer un enseignement public libéré de toute influence religieuses, se fondait sur la conviction que le clergé s’opposait à la transmission des connaissances scientifiques et des valeurs républicaines « Avec la science, plus de superstitions possibles, plus d’espérances insensées, plus de ces crédulités niaises, de ces croyances aux miracles, à l’anarchie dans la nature » commentait-il.

Pour Paul Bert, l’école devait être à la fois vecteur du républicanisme et du nationalisme, et l’instruction civique son axe principal. Lors de ces deux années 81/82 il créa une commission d’éducation militaire et fit organiser des Bataillons Scolaires pour instruire la jeunesse française du maniement des armes et lui inculquer l’amour de la patrie, préfigurant le concept de la « nation en armes » de Jean Jaurès qui tenait la réflexion sur la guerre comme le devoir le plus élevé incombant à une société démocratique! Plus tard, dans son discours du 15 avril 1884 aux instituteurs du Lot, il expliqua  » Nous devons faire, par une éducation commencée à l’école par vous, continuée au régiment avec vous, de tout enfant un citoyen, de tout citoyen un soldat ».

bataillon-scolaireBataillon scolaire en 1880 : une occupation autrement utile à la Nation que de tenir des cierges en psalmodiant des judéo-crétineries!

Fort de l’apophtegme de Victor Hugo « Il y a dans chaque village une lumière, et à côté de cette lumière, une bouche qui souffle pour l’éteindre : la lumière, c’est l’instituteur, la bouche, c’est le curé », il s’employa à substituer l’enseignement civique à l’éducation religieuse, à enseigner aux futurs citoyens, aux Français en devenir, des vérités scientifiques démontrables plutôt que d’improuvables superstitions sémitiques. Lors d’un discours prononcé à Auxerre, sa ville natale, le 19 août 1880, il proclama ainsi : « L’école c’est notre église laïque à nous, où l’on enseigne des vérités scientifiques et démontrables (…) où l’on enseigne les vertus civiques et la religion de la Patrie » : reconnaissance d’une notion nouvelle de l’homme, délivré de la fatalité chrétienne et détenteur des clés d’un progrès non seulement matériel mais aussi moral — l’Homme comme créateur et non plus comme créature. Par cette affirmation de l’homo faber suis, Paul Bert peut être considéré comme proto-fasciste.

Mais il y a mieux : membre éminent de la Société d’anthropologie de Paris à partir de 1861, Paul Bert participa également à l’élaboration et à la diffusion de justes thèses racistes! Il fut ainsi le rédacteur de grands manuels scolaires, régulièrement réédités de 1880 jusqu’aux années 1930 et diffusant un message d’une autre teneur que les vomissures antiracistes des livres « d’éducation » actuels :

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On notera que la préoccupation raciale prime chez Paul Bert les impératifs nationaux :

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Lorsqu’en 1883 Paul Bert fut élu président d’honneur de la Société pour la protection des colons et l’avenir de l’Algérie, il ne lui vint donc évidemment pas à l’idée d’accorder des droits politiques aux indigènes. L’ex-ministre de l’Instruction Publique réduisit significativement ses visées éducatives pour ces races, la sagesse lui commandant d’abaisser l’enseignement à leur niveau culturel afin de former des auxiliaires pour les colons européens : « Il faut placer l’indigène en position de s’assimiler ou de disparaître » expliqua t-il, dans la droite lignée de cet extrait de son « Premières notions de zoologie – classe de huitième »* : « les Nègres, peu intelligents, n’ont jamais bâti que des huttes parfois réunies en assez grand nombre pour faire une ville ; ils n’ont point d’industries ; la culture de la terre est chez eux au maximum de simplicité. Ce ne sont pas cependant les derniers des hommes. Il faut mettre après eux, comme intelligence, les petites races d’hommes qui habitent les régions les plus inaccessibles de l’Afrique (…). Bien au-dessus du Nègre, nous élèverons l’homme à la peau jaunâtre (…). Il a fondé de grands empires, créé une civilisation fort avancée (…) mais tout cela semble de nos jours tombé en décadence (…). Mais la race intelligente entre toutes, celle qui envahit et tend à détruire ou à subjuguer les autres, c’est celle à laquelle nous appartenons, c’est la race blanche »

Même si certaines prises de positions colonialistes sont discutables, il n’en reste pas moins que pour avoir insufflé à des générations de jeunes filles et de jeunes gens la fierté nationale d’être Français et la fierté raciale d’être Blanc, Paul Bert mérite de figurer au panthéon des grands hommes de la Nation Française. Les ennemis de notre pays et de notre race ne s’y trompent pas, qui font débaptiser les rues et lycées portant son nom… car ses bienfaits à la France ne s’arrêtent pas là : médecin et physiologiste, il fut le premier à décrire de façon systématique l’état de convulsion lié à la toxicité de l’oxygène sous forte pression partielle pour le système nerveux central (encore nommé « effet Paul Bert ») appliqua ses connaissances à la réalisation d’un scaphandre muni d’un régulateur de pression, et travailla également pendant les années 1870 sur les gaz anesthésiants, notamment le protoxyde d’azote.

* éd. Masson, 1882, pp. 91-93

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2 réflexions sur “Un grand Français : Paul Bert (1833-1886)

  1. blh dit :

    Lors de l’inauguration d’une statue de Paul Bert sur un pont enjambant l’Yonne, une fois le drap tombé, on découvrit, accroché aux doigts de sa main droite, un joli pot de chambre contenant, en son intérieur ce petit mot : «Avec les compliments de l’AF »

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