L’essence du mondialisme

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novembre 11, 2017 par Angela Sprang


par Angela Sprang

Le mondialisme est un phénomène historique sans précédent qu’on ne peut penser selon les anciennes catégories politiques qui étaient circonscrites à une Nation ou à un Empire. Grâce à l’avènement de la cybernétique, le mondialisme peut s’affirmer comme un régime n’admettant aucune opposition organisée et dans lequel l’État tend à confisquer la totalité des activités de la société : telle est la définition du totalitarisme. Il s’agit donc d’un régime original qui ne se laisse pas réduire aux abolitions classiques de la liberté politique, puisqu’il se présente politiquement sous les atours de la démocratie libérale – comprendre : démocratie libéralement économique.

Le mondialisme se caractérise d’abord par le phénomène des masses apatrides, ensemble de gens sans éducation politique (hors des partis et des syndicats autorisés) ni identité nationale, créées par les crises économiques et l’effondrement des classes moyennes qui ne trouvent plus dans les analyses politiques des parlementaires, des philosophes et autres politologues de correspondances à leur situation. La société est atomisée par une mobilité migratoire et professionnelle : une solidarité négative de foules désemparées, de femmes et hommes isolés à qui le consumérisme donne un langage et un semblant de dignité.

Ce qui caractérise aussi le libéralisme économique, corollaire donc du mondialisme actuel, c’est le mouvement, l’action pour l’action. Toute limite, toute stabilité fait courir un risque mortel au libéralisme économique. Il n’y a ni doctrine, ni morale puisqu’on se sert de doctrines, de morales à contenu variable selon les circonstances : ainsi de l’ex-URSS, nommée « dictature » avant et après la seconde guerre mondiale, mais « démocratie » les années où elle a combattu aux côtés des démocrates anglo-américains; et, aujourd’hui, des guerres incessantes imposées par la super-puissance américaine à tel ou tel pays sous prétexte qu’il n’est pas « démocrate ».

Les programmes politiques présentés dans les démocraties libérales n’ont aucune importance : leurs théorisations sont pures fiction pour mobiliser les masses. Se crée alors un monde fictif, méprisant les faits, niant aux masses toute emprise sur le réel et leur donnant un semblant de cohérence dans la consommation. Il n’y a, en réalité, aucune organisation politique, le marché étant la loi suprême et l’entreprise pouvant se débarrasser de ses subordonnés sans motif ni justification. La démocratie libérale n’est ni bien construite, ni structurée, elle est planification de l’informe. L’État est une façade, les institutions sont construites en double voire en triple et l’autorité n’est jamais là où on la croit. Anti-étatisme (l’État suppose les limites de la loi et des frontières), anti-nationalisme (les chromatodermes et monopalpébraux ne sont pas des Européens) et anti-utilitarisme (les besoins du peuple n’ont aucun poids contre les programmes de rééducation antiracistes) caractérisent la démocratie libéralement économique. Tout comme dans le Cambodge de Pol-Pot il n’y a avait ni police ni magistrature, les infractions étant jugés sur-le-champ par des tribunaux populaires constitués de passants, le meilleur garant du mondialisme est le citoyen délateur, anonyme grâce à Internet et instituant ainsi le soupçon généralisé.

La démocratie libérale prétend abolir le hiatus entre légitimité et légalité : ainsi, des problèmes comme l’immigration ou l’existence des races humaines, respectivement du domaine de la politique et de la biologie, sont déplacés dans le champ de la morale, deviennent axiomatique (la formule : le racisme n’est pas une opinion mais un délit) et de ce fait exclus de tout débat.

Le mondialisme est également négation du politique. Il décrit en négatif ce que doit être la politique véritable, l’espace politique véritable supposant des lois particulières à la nature raciale des peuples. Les dictatures classiques (tyrannies, despotismes) rendaient impossible la parole dans l’espace public mais laissaient les hommes libres dans leur espace privé. La démocratie économiquement libérale attaque la vie privée elle-même : https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A11933 Ainsi naît la désolation, qui n’est pas la solitude choisie par certains où on peut se parler à soi, et où le rapport aux semblables n’est pas perdu, mais une expérience absolue de non-appartenance à une société. L’individu n’est pas seulement isolé mais il n’a plus de consistance interne, perd son moi car n’ayant même plus droit à ses propres pensées et opinion.

En dictature, on tue physiquement les opposants, donc la mort garde un sens. Dans le libéralisme économique, la mort sociale peut frapper tout le monde par la perte de son emploi qui est devenue arbitraire, peut survenir n’importe quand sans motif vérifiable. Le lieu de travail, l’entreprise, est l’institution centrale en matière d’organisation du système démocratique économiquement libéral. Il a une importance décisive : le travail caractérise ce qu’Heidegger nommait l’animal laborans.

Le travail en démocratie économiquement libérale produit l’éphémère c’est-à-dire ce qui, étant destiné à la consommation, n’a aucune permanence. Le travail est désolant en ce sens que tout individu y est un simple membre de l’espèce c’est-à-dire interchangeable, anonyme. C’est parce que le mondialisme accorde le primat à l’animal laborans que l’isolement de celui-ci devient désolation. La désolation est l’expérience d’être indifférent aux autres, expérience devenue massive dans le système économique libéral

A l’opposé, le fascisme raciste permet et stimule la réunion de catégories de femmes et d’hommes compatibles de par leurs goûts, leurs ressentis, leurs façons de concevoir le monde et l’existence. On sait le goût des régimes fasciste et national-socialiste pour les grands monuments destinés à exalter leur idéologie.

«I monumenti debbono giganteggiare nella loro necessaria solitudine» (les monuments doivent dominer dans leur solitude nécessaire) – Mussolini, 1936

Assurément le fascisme reconnaît au travail sa valeur car il est bien la condition de toute autre activité, mais tant qu’on en reste à sa seule sphère, aucune permanence objective du monde ni aucune individualité ne peuvent exister. Ce qui caractérise le fascisme par rapport au mondialisme, c’est donc aussi le primat de l’œuvre sur la travail. Œuvrer, c’est construire des objets faits pour durer, c’est-à-dire qui soient destinés à l’usage et non à la simple consommation : sont des œuvres les productions architecturales mais aussi musicales, littéraires etc… le fasciste est l’homo faber, celui qui participe au monde commun par sa production d’objets durables, c’est-à-dire destinés aussi à lui survivre. Si le travail renvoie au temps comme passage, l’œuvre renvoie au temps comme durée. Le libéralisme économique, par le mondialisme, a changé l’œuvre en travail, il l’a dégradée.

«L’artiste qui croit devoir peindre pour son temps ou pour servir le goût du temps n’a pas compris le Führer. La mise du jeu est pour l’éternité! Créer l’éternel à partir du temporel, voici le sens de toute entreprise humaine» – Baldur von Schirach, 1941

Le mondialisme épuise l’individu dans la reproduction d’une vie perpétuellement mourante par la destruction continuelle de biens voués à la seule consommation. La caractéristique du travail est de ne rien laisser derrière lui puisque c’est le caractère consommable de ses produits qui constitue leur caractère périssable. La vie de l’animal laborens est à cette image. Les Anciens Grecs avaient deux mots pour désigner l’existence : zôè – le simple fait de vivre, commun à tous les êtres vivants – et bios – les forme et façon de vivre propre à un individu ou à son groupe racial – distinction que le mondialisme s’emploie à anéantir par deux menées parallèles:

– intrusion de plus en plus poussée de la sphère professionnelle dans celle de la vie privée
– arasement des caractéristiques nationales et négation insane de l’irréductibilité des différences raciales

Le mondialisme est enfin la recherche de l’expansion pour l’expansion, pour des motifs non pas politiques mais économiques. Méprisant les races et les nations, il leur impose une façon de « conscience tribale élargie » censée représenter l’intégralité du genre humain. Le concept de « citoyen du monde » se proclame indépendant du territoire et se fait qualité permanente, inaccessible aux aléas de l’histoire, déniant toutes les différences de peuples et de races. Confrontés à ce mal radical mettant en jeu la nature humaine, les fascistes ne peuvent obtenir leur salut qu’en transgressant les lois, la perte de la conscience nationale ou raciale étant celle d’une dimension essentielle de la vie humaine.

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7 réflexions sur “L’essence du mondialisme

  1. Commandant AUBENAS dit :

    Excellent ! Nos idées méritent d’être plus largement diffusée, particulièrement auprès de la jeunesse… Le travail idéologique doit se poursuivre. Je viens de lancer une série de vidéos sur Youtube (avec les contraintes éditoriales que cela comporte). Dites-moi ce que vous en pensez.

  2. Grand Émancipateur Impérial, croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne dit :

    Très bon article, on sent que vous avez à cœur d’être parmi ces lesbiennes que Weininger voulait émanciper. Je vais mettre vos dossiers sur le haut de la pile, mais je ne peux rien vous promettre.

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